mercredi 4 décembre 2013

Lecture : La Tour de Babylone


Dans le cadre de la nouvelle session du Club Sormand, je me suis plongée dans la lecture de ce recueil de nouvelles de l'excellent Ted Chiang.
Je dis excellent car il est arrivé à me faire apprécier cette science-fiction qui vous débite des termes incompréhensibles pour moi, des mots scientifiques que je ne saisis pas, et à me faire apprécier des histoires d'extra-terrestres sans Mulder ni même Scully !
Blague mise à part, les huit nouvelles ici rassemblées ont toutes un charme à leur manière, et je ne pourrais vous dire laquelle j'ai le plus appréciée.
Je ne sais pas si cela tient de l'écriture, de l'imagination, de la manière dont les choses sont amenées (un élément important dans le format de la nouvelle), de l'histoire elle-même, mais toutes ces nouvelles ont ce petit truc qui va vous les faire trotter dans votre tête. Et toutes vous font réfléchir.
Il est vrai qu'il est agréable de lire des histoires de pur divertissement, qui ne vous laissent rien dans le crâne et sont uniquement là pour vous faire passer un bon moment, mais c'est aussi agréable parfois de réfléchir sur notre condition, sur notre vie, sur le pourquoi on est là… sans trop se prendre la tête non plus aussi (je suis pas très douée pour la philo, Ys saura vous le confirmer ! ^_^). Bref, je vous conseille la lecture de ce recueil car vous y trouverez, c'est sûr, un intérêt pour vous. Que ce soit l'histoire de cette tour construite pour atteindre Dieu lui-même, ou l'histoire de ce logiciel qui vous empêche de voir la beauté et donc d'avoir des préjugés sur les autres, que ce soit ces extra-terrestres dont l'héroïne apprendra la langue ou ce type qui cherche à aimer Dieu pour mieux rejoindre sa défunte femme au paradis, voilà des voyages assurés vers un dépaysement total qui trouvera un écho en vous, quel qu'il soit !
Seul bémol, certaines nouvelles présentent quand même des éléments trop scientifiques pour moi qui ont ralenti ma lecture !

lundi 18 novembre 2013

Lecture : Sans forme (Le Protectorat de l'ombrelle tome 2)


Oh la la ! Je viens de terminer ce 2e tome de la série Le Protectorat de l'Ombrelle et c'est tout simplement machiavélique : la fin se termine en jus de boudin et oblige le lecteur (oui oblige carrément) à enchaîner avec le 3e tome dans la foulée. Ce que je ne pourrais pas faire puisque je l'ai réservé à la bibliothèque et l'attends… snif.

Nous avions quitté Alexia Tarabotti en lady Maccon fraîchement mariée et nous la retrouvons dans ce tome, lancée à la poursuite de son mari Conall parti réglé un problème de meute en Écosse. Après maintes péripéties, en dirigeable, aux côtés d'une française habillée en homme et contrainte d'embarquer dans son aventure son amie délurée Ivy et sa sœur totalement désagréable Félicité, elle gagne les Highlands où l'attendent une meute "sans forme", incapable de reprendre la forme de loup-garou. Un problème impossible ? Pas pour Alexia…

C'est toujours aussi bien mené : un rythme soutenu, de l'aventure, des éléments bien connus du fantastique introduits avec originalité et finesse. Par contre, un bémol pour la version française : la traduction ne semble pas avoir été remaniée en français. On a l'impression de lire une traduction littérale à la "Google" et c'est franchement dommage car la lecture en est freinée. Certains pourraient même l'arrêter, et l'on ne pourrait leur en tenir rigueur. Mais pourquoi donc avoir fait ça à ce roman ?
Ce n'est pas parce qu'il s'agit d'une littérature plutôt adolescente que la qualité doit en pâtir et je déplore vraiment le manque de rigueur dans la transcription en français. Si je m'en sentais capable (et si ma bibliothèque les avait) je lirais la série en langue originale.

À lire donc, en mettant de côté ce gros défaut, car la série le mérite quand même !!!

jeudi 7 novembre 2013

Lecture : Le Livre du roi


Je viens de terminer ce roman de l'auteur islandais Arnaldur Indridason. J'ai lu La Voix et Betty de lui et j'avoue que j'en attendais un peu plus de ce livre…

Valdemar est un étudiant ès manuscrits nordiques qui part poursuivre ses études au Danemark, sous la tutelle d'un éminent professeur. En arrivant à Copenhague, il découvre que ledit professeur est un alcoolique suspecté d'avoir traité avec les nazis pendant la guerre, un professeur comme qui dirait à mauvaise réputation. Et c'est pourtant aux côtés de cet être bourru et mal luné que Valdemar va découvrir la véritable valeur des manuscrits anciens.

Désolé pour ce résumé peu amène mais en même temps difficile de faire mieux quand on a été déçue comme moi. Cette accroche semble un peu molle, et c'est exactement le qualificatif que j'emploierai pour ce roman. Après avoir lu Betty, je m'attendais à mieux. Peut-être pas un roman avec un si étonnant revirement mais tout du moins un brin plus accrocheur. La première moitié est beaucoup trop lente à mon goût ! Elle met en place les personnages et l'histoire, certes, mais elle manque de rythme je trouve pour tenir le lecteur en haleine. On suit les personnages dans leur pérégrinations en se demandant où l'auteur veut nous mener, quel est le sens à tout cela. La seconde moitié est plus entraînante avec des rebondissements bien mieux menés qui nous donnent envie de lire la suite et nous permettent de voir où l'on va. La fin est palpitante, et relève un peu l'ensemble.

Je m'attendais à mieux, je trouve ce roman un peu trop mou à mon goût. Moi qui pensais retrouver ici ma passion du livre, à travers cette histoire de livre du roi, associée à ma passion des légendes nordiques, je n'y ai trouvé qu'une petite enquête mignonnette mais que je ne trouve pas digne du talent auquel l'auteur nous a habitué. C'est dommage !

Lecture : La Légende du Serpent blanc


Dans le cadre du dernier Masse Critique spécial jeunesse, j'ai eu la chance de recevoir ce très bel album illustré des éditions HongFei. Un grand merci à Babelio et à cette maison d'édition qui cherche à faire découvrir la Chine aux enfants. J'ai d'ailleurs eu un gentil mot pour me souhaiter une bonne lecture, et un joli poster de l'image de couverture. Merci !

La Légende du Serpent blanc est une histoire ancienne qui appartient au patrimoine chinois depuis les temps les plus reculés. Elle a fait l'objet de nombreuses adaptations, et cet album est le premier qui la conte aux enfants, on pourrait même ajouter aux enfants occidentaux, qui ne connaissent pas la culture chinoise.
Baï et sa sœur Qing sont deux serpents : l'un est blanc, l'autre bleu. Ils rencontrent un poisson qui leur décrit un pays merveilleux que les deux sœurs se promettent de découvrir et de mirer de leurs propres yeux un jour. Ce sera sous la forme de deux belles femmes qu'elles fouleront le sol de ce pays enchanteur, où l'aîné Baï découvrira l'amour, avec ses luttes et ses bonheurs.

C'est une très belle légende sur le pouvoir de l'amour, sur l'intolérance et la différence. Il est présenté comme une pièce dramatique, avec quatre actes qui s'enchaînent et amènent chacun leur pierre à la morale.
Le format de l'album est assez sympathique, ni trop grand ni trop petit. L'embellissement classique du pelliculage mat associé à un vernis sélectif brillant sur la couverture fait toujours son petit effet. Cette fois il reste discret, au service de l'illustration qui allie un aspect ancien à une modernité indéniable : les traits des personnages rappellent les estampes et le découpage ainsi que les motifs renvoient plutôt à un art plus contemporain. C'est très beau, plein de retenu et de simplicité. Car la modernité laisse toute la place à une lecture facile, à un accès immédiat pour les enfants.
Le papier présente une bonne main qui apporte au livre une bonne tenue, tout en restant agréable au toucher. Peut-être un couché mat. Chaque acte se termine par une double page à rabat total qui s'ouvre pour faire découvrir la scène finale de l'acte. On entend presque le bruit d'un gong comme pour annoncer la fin de l'acte. C'est une belle trouvaille qui renforce la forme théâtrale de cette légende tout en permettant au lecteur de contempler une très belle illustration. Enfin, non seulement ce rabat total donne presque à entendre le son du gong, mais il donne surtout un rythme à la lecture, apportant une pause plus longue, pour bien marquer la fin de l'acte et ainsi sensibiliser l'enfant à la forme dramatique de cette histoire. Opter pour un pièce de théâtre permet également, tout comme la forme de cet album, de conserver le caractère ancien de cette histoire, qui a traversé les âges.
Tout est bien étudié et mis en forme pour faire passer un message à l'enfant : celui de cette légende dans laquelle l'amour triomphe.

Très joli, à offrir à tous ceux curieux des légendes et désireux de découvrir cette fameuse histoire chinoise.



dimanche 20 octobre 2013

Lecture : La Chute du British Museum


Dans le cadre de la nouvelle session du Club Sormand, je viens de terminer la lecture de ce roman de David Lodge.

Adam Appleby est, avec sa femme, un anglais catholique pratiquant. Ceci implique donc de ne pas utiliser de contraceptif lors de leurs rapports, et leur a valu déjà 3 bambins. La seule alternative est la méthode de la température qui permet de savoir à quel moment la femme est en période d'ovulation ou non. Mais cette méthode ne semble pas très bien marché et Barbara pense être à nouveau enceinte, alors même qu'Adam est bien loin d'avoir fini sa thèse. Ce dernier va vivre une journée rocambolesque, principalement au British Museum, où il fera des rencontres étonnantes et vivra des moments cocasses.

Je ne suis que très peu sensible à ce genre de littérature anglaise qui se dit très drôle et enchaîne les situations incroyables, faisant vivre à son héros principal une journée improbable. Je n'ai pas vraiment accroché, même si je l'ai lu jusqu'au bout, et je n'ai pas ri, comme la plupart des autres lecteurs de Babelio. Ce ne doit pas être ma tasse de thé, si vous permettez ce genre d'expression pour un roman anglais !
L'auteur n'a pas su rendre le personnage principal sympathique à mes yeux, sans le rendre pour autant énervant non plus. Son seul mérite est de m'avoir donné envie de connaître la fin, savoir si elle est heureuse ou non, si le héros arrive à s'en sortir ou pas de ces multiples péripéties. Je dois dire quand même que l'histoire reste assez plate, sans une réelle étincelle.
La question religieuse est le thème de fond mais ne devient pas trop lourde pour autant. Tranquillement l'histoire se poursuit au cours de ses 240 pages environ et prend fin sans surprise mais sans vraiment décevoir. En même temps, comment décevoir quand on n'en attend rien ? L'épilogue apporte ceci d'original en ce que l'auteur a cherché à retranscrire à l'écrit l'enchaînement de pensées de Barbara, alors qu'elle est sur le point de s'endormir, passant d'un sujet à l'autre, sans ponctuation. Cela ne dure pas trop longtemps pour ne pas devenir illisible et ça rend bien compte de cette façon que l'on a de passer d'une pensée à une autre, le lien qui unit une idées à une autre, lien parfois ténu, de plus en plus ténu que la fatigue nous gagne.

Ce roman ne casse donc pas trois pattes à un canard. Il ne m'a pas touché mais ne m'a pas déçu, me laissant plutôt insensible (c'est presque plus dur comme critique qu'un roman que j'aurai détesté !)
Je suis donc incapable de le recommander comme de conseiller du contraire. Ceux qui apprécient ce genre d'histoire devraient le lire, et ceux qui n'y sont pas sensibles, passer leur chemin.

lundi 14 octobre 2013

Lecture : Cavale héroïque


Heureusement sélectionnée par l'opération Masse Critique, j'ai reçu ce roman atypique des éditions "Stéphane Million éditeur". Un grand merci à Babelio et à cette maison d'édition pour ce cadeau.
Car c'en est un !

Henri de la Roche est un jeune dandy épris d'une superbe blonde du nom de Françoise qui s'engage par esprit de contradiction et d'esthétisme dans la Milice française. Très vite, il déchante. Pensant fuir ainsi la franchouillarde et trop populaire résistance, qui pourrait passer pour un camp un peu facile à rallier à l'aube de la victoire des alliés, le voici qui fait face à bien pire : des fachos débiles tels qu'un borgne pervers, deux provinciaux attachés à leur traditionnel cassoulet et un italien à la dénonciation facile. Bref, lorsqu'il souhaite quitter ce beau monde, il est malheureusement rattrapé par ces futurs perdants de la guerre et envoyé sur le camp de l'Est côté SS affronter les russes. Parviendra-t-il alors à regagner la France et sa Françoise, malgré toutes les péripéties qu'il devra affronter ?

Si vous avez vu OSS 117 avec Jean Dujardin, vous avez à peu près le ton du roman. Un verbe savamment manié à coup de jeux de mots bien trouvés et tournés font sourire au détour de presque chaque page. La langue y est bien maîtrisée et ça fait plaisir à lire, je dois dire. Quant à l'histoire, elle est complètement loufoque et rocambolesque, le jeune dandy ne se gênant pas pour sortir un bon mot même si cela doit le confronter de près à la mort : plutôt mourir que de rater l'occasion de placer une bonne répartie et son humour implacable, même devant Adolf Hitler ou Juan Peron. L'important est d'éviter à tout prix le mauvais goût et le manque de courtoisie, les costumes laids et les minables. C'est ainsi qu'il se retrouve toujours dans des situations désastreuses dont il s'extirpe avec classe et noblesse, usant de ses charmes et de sa gouaille. C'est assez plaisant, comme un bon James Bond, on s'éprend facilement de ce petit merdeux au charme fou qui nous fait sourire malgré nous et nous fait prier qu'il s'en sorte même s'il est agaçant.

Un bon petit roman qui détend et fait passer un très bon moment. Une très belle découverte que je recommande. Petit bémol peut-être : le roman aurait gagné à une relecture attentive pour éviter les fautes qui sont très certainement d'inattention.

lundi 7 octobre 2013

Lecture : Le Cavalier suédois


Je m'étais laissée tenter par ce petit livre de poche de la collection Libretto à la librairie Scylla, d'autant plus que le libraire m'en avait dit beaucoup de bien.
Récemment, Ys l'a lu et en a fait son éloge, Tara m'en avait également parlé en bien.
Bref, il ne me restait plus qu'à le lire.

Un voleur et un gentilhomme se retrouvent à faire route ensemble : l'un cherche à échapper au gibet, l'autre est considéré comme un déserteur. Lorsque le voleur se retrouve sur les terres du second, il tombe amoureux de la cousine du gentilhomme. Dès lors, la perspective de retourner travailler pour un évêque aux méthodes brutales et cruelles ne lui disent plus rien : il lui faut devenir le maître de ces lieux, et plus encore, faire de cette damoiselle sa femme. Il lui devient insupportable de subir les aléas du destin et en le forçant, il bravera le Ciel lui-même.

Un conte bien mené, teinté de fantastique distillé deci-delà, parfois nié, parfois assumé, au service d'une histoire où un homme brave le Destin pour mieux se sentir vivre. Faut-il le regretter ? Vaut-il mieux suivre un chemin tout tracé ou prendre systématiquement le chemin de traverse ?
Par certain côté, ce petit roman présente un aspect philosophique sans que cela ne soit trop appuyé, une sorte de morale déguisée, comme seuls les contes d'antan savaient le faire. Et d'ailleurs, l'atmosphère de cette histoire est empreinte d'une certaine nostalgie somme toute agréable.

À lire, car on en ressort le sourire aux lèvres, satisfaits d'avoir lu une histoire bien menée, avec une bonne fin, et, plus que cela, une écriture quelque peu surannée mais indiscutablement délicieuse.
Leo Perutz est un auteur à découvrir !