mardi 15 novembre 2016
Lecture : L'Homme au parapluie et autres nouvelles
Dans le cadre de mon club de lecture CaroLire, je viens de terminer la lecture de ce recueil de nouvelles signé par le grand Roald Dahl. Ce dernier est surtout célèbre pour ses talents de conteur jeunesse, comme Charlie ou la chocolaterie, ou encore James et la grosse pêche. Il était intéressant de le découvrir côté adulte et ce recueil de 4 nouvelles constitue un petit plaisir de quelques heures très délectable.
Difficile d'évoquer chacune de ces histoires sans dévoiler la chute. La première parle d'un vieil homme qui troque son parapluie contre une petite somme qui lui permettra de rentrer en taxi, ne pouvant plus faire cet effort. Mais lorsqu'on décide de le suivre, on découvre une toute autre réalité…
La deuxième s'attarde sur la vie de Monsieur Botibol, qui vient de vendre pour rien l'entreprise que lui avait légué son père, et qu'il n'a pas su faire fructifier. Cela reflète toute sa vie, dénuée de tout succès. Et puis, il découvre la musique…
La troisième nouvelle est l'histoire d'un duo d'escrocs. À court d'argent, ils vont mettre sur pied une entreprise atypique, appelée À moi la vengeance S.A.R.L.…
Enfin, la dernière assez courte est une petite boutade sur un maître d'hôtel plein d'humour.
J'ai littéralement avalé ces 4 histoires, moi qui suis dans une période où je lis peu. Roald Dahl a ceci de merveilleux de pouvoir vous faire lire tout et n'importe quoi, par son incroyable talent de conteur. Néanmoins, je trouve quand même les chutes à ces 4 histoires un peu décevantes, peut-être parce que je m'attendais à chaque fois à une véritable surprise, une fin qui remette tout en question. Peut-être que cette attente est liée à la forme de la nouvelle, de laquelle on attend toujours d'être déstabilisée, bien plus que d'un roman. Cela dit, cela ne remet en rien en cause le plaisir que l'on éprouve à la lecture de ce recueil court et très sympathique. Une bonne incursion dans l'univers de ce magicien, une petite mise en bouche avant la lecture d'un de ses romans ! À découvrir, pour le plaisir, la culture et la curiosité.
dimanche 23 octobre 2016
Lecture : Châlucet ou le pouvoir des rêves
Grâce à Babelio et à son opération Masse Critique, j'ai eu la chance d'être sélectionnée et de recevoir ce roman des Ardents Éditeurs. Merci donc à eux et à Babelio pour ce moment de lecture.
De la Rome Antique au Moyen-Âge, en passant par cette époque cruelle des Croisades, le Limousin et ses seigneurs ont connu maints batailles. Mais l'Histoire se confond avec un mystère entourant deux bagues ensorcelantes, de provenance orientale, à la signification étrange.
De nos jours, en plein cours d'Histoire, Hugo tombe dans un état inconscient et débite des paroles en latin. Son professeur, à qui les paroles font échos à son passé d'étudiant en archéologie, y voit le destin qui a repris sa course. Le jeune homme, quant à lui, ne comprend pas ce qui lui arrive, ni la signification de ses rêves étranges et qui semblent pourtant bien réels, le propulsant en plein cœur du Limousin, à l'époque des chevaliers et de la guerre contre les Plantagenêts. Lorsqu'il est poursuivi par des hommes en noir, il part à la recherche de la vérité.
Mêler Histoire et fantastique n'est pas chose aisée. Il est toujours difficile de ne pas tomber dans le cours académique que l'on forcerait vers la romance, ni vers l'application artificielle d'éléments incongrus sans queue ni tête pour y apporter un peu de "fantaisie". J'ai eu un peu peur au début du roman, car l'écriture n'y est pas aussi fluide que l'on s'y attendrait. Mais la plume semble s'échauffer un peu pour finir par couler tranquillement et dérouler son histoire. Au final, cela donne une lecture agréable, un peu atypique, et surtout une exploration d'une région française particulière qui est toujours intéressante car méconnue. L'intrusion du fantastique via l'histoire des deux bagues n'est pas trop mal faite et s'immisce sans trop d'effort. L'Histoire est relayée bientôt en arrière-plan et laisse la part belle à ce mystérieux pouvoir des rêves qui est le cœur même du roman. Certains personnages manquent un peu d'ampleur et de consistance (la mère d'Hugo, entre autre) et le lecteur aurait peut-être attendue plus de travail sur ce plan. Même s'il est important d'ancrer l'histoire dans l'Histoire, il ne faut pas que ce soit au détriment des protagonistes qui portent finalement les deux histoires (avec une minuscule et avec une majuscule). Difficile d'échapper à certains défauts comme celui-ci lorsqu'on s'embarque dans pareille croisade pour un auteur, mais je trouve qu'il ne s'en sort pas trop mal, car le lecteur s'accroche, sa curiosité piquée. Peut-être y aurait-il fallu plus de maturation de l'ensemble pour sortir un roman moins marqué par ceci ou cela, plus fluide. Mais ce livre n'en garde pas moins un certain charme et m'a procuré une lecture plaisante et agréable.
mercredi 3 août 2016
Lecture : Agatha Raison enquête
Après le long roman fleuve de Gagner la guerre, il me fallait une lecture qui ne nécessite pas trop d'énergie de ma part : une lecture facile, légère, vite avalée, un roman digne des vacances en somme.
Et bien cette petite Agatha Raisin est parfaite pour vous mettre dans ces bonnes conditions !
Femme d'affaire, la cinquantaine, Agatha Raisin a décidé de réaliser son rêve de petite fille : acheter un cottage dans les Cotswolds et couler une paisible retraite dans ce petit paradis de campagne. Oui mais on ne passe pas de Londres au trou perdu en un claquement de doigts et cette dame de fer s'ennuie rapidement dans le village. Surtout qu'elle n'aide pas à se faire apprécier, n'ayant jamais eu l'habitude, bien au contraire, d'être aimable et sympathique. Et lorsqu'elle trouve un concours de quiche fait maison pour gagner l'appréciation de ses voisins, elle se retrouve entraînée dans une histoire lugubre : le président du jury est retrouvé mort le soir même du concours, après avoir dégusté le reste de sa quiche ! Il ne reste plus pour Agatha qu'à résoudre cette énigme.
Voici le pitch du premier tome : La Quiche Fatale.
Cette histoire était fort sympathique, vite lue d'une lecture facile et entraînante. J'aime beaucoup les histoires de mamies anglaises qui enquête dans la campagne anglaise donc c'était parfait pour moi.
Ce roman est sans prétention mais il ne faut pas en rester là je pense. Ce n'est qu'une mise en bouche.
Car le tome 2 est bien meilleur je trouve, plus entraînant et surtout bien plus drôle. Une scène vous fera forcément sourire, voire même rire et Agatha se révèle spécialiste de situations burlesques ! Dans ce 2e tome, elle se retrouve les sens en émoi par un voisin plutôt bel homme, colonel à la retraite, qui ne partage pas ses sentiments et fuit au moindre indice d'une possible séduction de la part de sa voisine. Malgré cela, il se retrouve avec elle à mener une enquête pour une autre mort, une excuse parfaite pour se distraire de l'écriture de son livre d'histoire barbant. Un sacré couple qui m'a bien fait sourire et bien divertit.
Encore une fois, ce roman m'a fait passé un bon moment purement distrayant sans lendemain mais très bien pour les vacances. La fin est d'ailleurs assez bien faite. Je m'attendais plutôt à quelque chose de plus conventionnelle mais elle est au contraire bien plus dans le ton de l'ensemble comme cela.
Je n'attends qu'une chose maintenant : le tome 3 !
jeudi 21 juillet 2016
Lecture : Gagner la guerre
Oh la la. Ce titre.
J'ai découvert l'auteur alors que j'étais une jeune stagiaire (bon d'accord, plus toute jeune pour une stagiaire quand même) dans une petite maison d'édition dont je tairais le nom. Je lisais et "triais" les manuscrits reçus d'inconnus par la poste. L'exercice est assez excitant quand on y pense comme ça, on est peut-être la première lectrice, la découvreuse de talents… mouais. Ce n'est pas tout à fait aussi idyllique, surtout qu'il s'agit d'écrits de monsieur et madame Toutlemonde, autrement dit des auteurs qui n'en sont pas (encore, me direz-vous, mais souvent qui ne le seront jamais, malheureusement). Bref. L'une des éditrices me tend un manuscrit qu'elle avait gardé par devers elle et me demande de le lire et de faire une fiche de lecture. Et là, heureusement que j'étais assise. C'est un peu comme si on vous invitait dans un monde merveilleux, réellement, celui que vous avez rêvé mais que, lucide, vous n'osiez pas même espérer qu'il existait. J'en fais peut-être un peu trop, me direz-vous, mais ce commentaire de lecture sera de toute façon, du grand n'importe quoi d'une fan qui est tout sauf objective et impartiale… Bref, revenons à nos moutons. Il s'agissait d'un recueil de nouvelles, exercice qui est loin d'être facile et bien loin d'être flatteur pour un auteur. Commencer par ce genre littéraire est un peu osé je trouve. C'est un exercice difficile, car il faut mettre en place en peu de temps, personnages et contexte, et il faut que l'histoire se tienne un minimum sans que l'auteur ait finalement des masses de temps pour s'étaler et charmer le lecteur. Un petit bijou en somme, savamment ciselé. Mais tout au contraire, il a complètement servi le talent de cet auteur que je découvrais. Les nouvelles s'enchaînaient sans que je m'en rende compte, sur des tons différents, des univers totalement différents tout en étant finalement proche, avec des personnages opposés les uns des autres, et tout ça sans même me lasser ou me désintéresser de chaque histoire. Les talents de cet auteur étaient ceux d'un conteur, d'un véritable barde. L'écriture était du pur nectar, les histoires se buvaient comme du p'tit lait, on en redemandait et on avait ce vain espoir qu'elles perdureraient encore quelques centaines de pages…
J'étais donc sous le charme total de cet auteur et j'ai offert ce recueil, qui, bien entendu a trouvé éditeur, à mon Jules à la première occasion.
Je n'ai pas tout de suite poursuivi la lecture de ses nouveaux romans qui ont suivi, aller savoir pourquoi, il n'y a pas toujours de raison. Je me suis plongée dans celle de Même pas mort, récemment, et j'ai bien sûr acquis la suite. Et puis je suis allée à la rencontre de l'auteur à l'occasion du dernier salon du livre de Paris, où j'ai acheté ce roman, déjà sorti depuis un moment et qu'une amie me tannait de lire. J'ai pu couvrir d'éloges l'auteur (en rougissant affreusement bien entendu, mais sans trop bégayer étonnamment) et j'ai gagné une dédicace.
Et puis voilà, je me suis lancée dans la lecture de ce pavé il y a bien 3 mois. J'ai mis tout ce temps pour le lire. Non pas que l'histoire soit ennuyeuse, que l'écriture ne soit pas à la hauteur ou que l'ensemble ne m'ait pas du tout intéressé. C'est tout à fait l'opposé. Mais je l'ai lu dans une période plus difficile pour moi d'un point de vue de lectrice, étant gagnée régulièrement par une torpeur et une fatigue incontrôlable. Je voudrais donc mettre sciemment de côté le temps qu'il m'a fallu pour le lire car il n'est en rien le reflet de mon plaisir. Encore que. On pourrait le prendre à rebours et se dire que j'ai volontairement voulu faire perdurer le plaisir, justement. Mais non, c'est une histoire qui se dévore, au contraire, en temps normal.
Benvenuto Gesufal est un assassin à la solde du Podestat de Ciudalia. Pour le compte de son patron, il va remplir un contrat et mettre fin aux jours d'un potentiel rival politique, mais héros de guerre. Cet acte devra bien entendu rester secret afin que son patron reste maître/héros de la ville. Mais voilà, les intrigues politiques et autres magouilles vont finir par retomber sur Benvenuto, notre serviteur. Le connaissant, ça va être sacrément sportif de sortir de ce guêpier mais rien n'est impossible pour cet artiste de la lame !
C'est génial ! Rien que la langue, vous ne pouvez vous empêcher de vous en délecter en relisant parfois plusieurs fois une même phrase qui sonne tellement bien et juste, qui coule et roule à vos oreilles. Si vous n'étiez pas dans le train, vous liriez à haute voix, rien que pour savourer le mariage parfait du son et du sens, la mélodie qui tintinnabule à vos oreilles et vous charme tout à fait. Ça y est, vous êtes fait. Vous ne pouvez plus quitter ce Benvenuto, mauvais garçon, pas toujours galant avec ces dames ni franchement amical avec les autres (surtout s'il a un contrat sur votre tête), mais tellement attachant ! Et puis il a cette façon de parler, tout en poésie des bas-fonds, d'une noblesse argotique encore une fois superbement ciselée qu'on se demande vraiment si l'auteur n'est pas ce vaurien assassin lui-même ! Ah, et que dire de l'histoire elle-même. On s'imagine que c'est tout tranquille, qu'on est du côté du "méchant" qui tue tout le monde, donc il ne lui arrivera rien, et on s'étonne soi-même de retenir son souffle alors qu'il tente de fuir sur les toits, ou qu'on a peur pour sa jolie petite gueule lorsqu'il se fait corriger… On a mal, on frémit, on sourit de ses pirouettes, on exècre les autres qui se dressent contre lui, bref, on l'aime ce Benvenuto, surtout parce qu'il est du côté obscur et que ça fait un bien fou de pouvoir se délecter de ses vengeances et de se dire à l'avance : "Quand est-ce qu'il dérouille sévère celui-là, pour lui avoir fait ce coup bas ?". On se défoule à travers lui de mettre de côté toute moralité gênante et on avance ainsi, en espérant qu'il s'en sortira, et en espérant aussi qu'il ne sera pas pour autant le héros qui ne meurt jamais ou qui n'a jamais mal. On veut une histoire bien, qui se tienne, qui garde sa logique et ne ménage pas nos petits cœurs (car pour ça, on a nos histoires à l'eau de rose à côté, merci bien). Et avec ce roman, on est servi ! Jusqu'au bout, la ligne est gardée et bien menée. C'est un pur bijou, un trésor à capturer, à s'approprier, à siroter tout seul dans son coin, le sourire aux lèvres, les yeux exorbités par la tension de l'action et de l'aventure.
Cap à Ciudalia camarade, allez donc serrer la pogne de ce bon Benvenuto Gesufal de ma part, car il me manque déjà, le gredin !
mardi 21 juin 2016
Lecture : À la recherche de New Babylon
Dans le cadre d'un Masse Critique Babelio, j'ai eu la chance d'être sélectionnée et j'ai reçu ce roman western des éditions Libretto. Merci à Babelio et aux éditions Libretto pour la découverte.
Un révérend aux deux mains coupées est retrouvé à demi-conscient et accueilli par une famille dans l'espoir qu'il puisse prêcher la bonne parole et évincer ainsi les Mormons qui ont l'emprise sur la région. Mais le Révérend Aaron n'est pas ou plus un prêcheur.
Un jeune gangster pyromane et voleur, capable de dormir d'un sommeil imperturbable en pleine bagarre dans un bar sera suivi par ce même Révérend.
Il croisera également Pearl Guthrie, une jeune femme à la recherche de son futur époux, qui quittera sa ville natale et sa mère, partira sur les chemins explorer les villes alentours et toujours plus loin, désespérément en peine de mari.
Qu'elle trouvera finalement peut-être en Russian Bill, un autre gangster plutôt gentleman qui désire établir la ville idéale, New Babylon, où les shérifs ni aucune loi n'existent.
Ce roman est assez étrange et un peu déstabilisant. Je m'attendais plutôt à un western plus classique, aux codes et règles issues des films de mon enfance ou d'un Lucky Luke en mode adulte.
Car, même si les codes et règles semblent bien être présents, ils sont ancrés dans un ensemble et une atmosphère à volonté plus réalistes peut-être, ce qui ôte un peu le charme qui pimente ces westerns un peu surréalistes, même s'ils se veulent coller au plus proche de l'Histoire. Et puis, le tout manque de rythme également : la première partie n'est qu'une succession des villes fréquentées par Charles Teasdale où il a pu échappé à la pendaison, suivi de près par le Révérend, puis suit la partie consacrée à Pearl et les nombreuses villes qu'elle fréquente à la recherche d'un époux, enfin arrive Russian Bill, un gentleman gangster qui lui servira de Chaperon, puis de mari par procuration. On boucle la boucle sur le Révérend pour clore cette sorte de saga Western qui explore ainsi la vie de 4 personnages totalement différents qui croiseront leur route et apporteront aux uns et aux autres malheur, bonheur, aventures… Cet effet de succession semble moins sensible au lecteur dans la partie avec Pearl et Russian Bill, mais le fait de passer ainsi d'un personnage à un autre sans vraiment approfondir ni vraiment s'y attarder, comme si l'on effleurait leurs vies à un moment donné (pertinent et crucial certes, mais assez court finalement), empêche le lecteur de s'attacher à l'histoire. On garde une certaine curiosité de la suite, de la fin, de comment ils se sont rencontrés et finalement quittés, puis revus, mais on reste sur le banc de touche, totalement détachés, sans prendre part ni s'impliquer : c'est un peu comme si on lisait le journal, mais en complet retrait, tout prêt à le refermer à la moindre occasion, sans réel regret.
Je trouve regrettable ce détachement et ce manque de sensibilisation du lecteur. Le roman reste pas mal, mais sans plus. Certes, on se sent immergé dans l'époque, mais on reste en dehors de l'histoire. Dommage.
jeudi 21 avril 2016
Lecture : La vengeance du Wombat et autres histoires du bush
Dans le cadre de la dernière session de CaroLire, je me suis lancée dans la lecture de ce petit recueil de nouvelles de Kenneth Cook. Je m'étais procurée ce livre car le titre m'intriguait et le tout me semblait bien dépaysant. Alors, pourquoi pas ?
Mais avant toute chose, qu'est-ce que le bush australien : il s'agit d'une région située au sud (sud-ouest et sud), caractérisé par forêts, bois et broussailles de type méditerranéen.
Le narrateur de ces nouvelles semble se confondre avec l'auteur lui-même : il s'agit d'un auteur qui arpente cette région pittoresque de l'Australie à la recherche de bonnes histoires à écrire et à raconter. Le pauvre homme se retrouve la plupart du temps dans des situations périlleuses, inextricables et dangereuses, que ce soit au contact d'animaux typiques (Wombat, Kangourou, Koala, serpents en tout genre), ou de personnages typiques (collectionneurs saugrenues, vendeur de grenade, éleveur de serpent, etc.). Et le lecteur savoure chacune de ces truculentes histoires en frémissant gentiment pour ce narrateur malchanceux, tout en étant persuadé que tout finira bien par s'arranger pour lui, de quelque manière que ce soit.
C'est sympathique. C'est dépaysant. C'est agréable entre deux lectures fleuves et on découvre un peu ce paysage et la culture particulière de l'Australie du Sud. Pourquoi pas comme lecture à la plage, ou quand on ne sait pas trop quoi lire de court et de plaisant, sans rechercher l'exceptionnel ou le coup de cœur. On sourit facilement face aux déboires de cet auteur qui se retrouve toujours dans les pires situations. On attend même chaque nouvelle comme une énième aventure désastreuse.
C'est un peu comme un apéritif : un moment agréable pendant lequel on picore de bons morceaux.
vendredi 15 avril 2016
Lecture : L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage
Dans le cadre de la nouvelle session du ClubSormand, je me suis lancée dans la lecture de ce roman, qui coïncidait avec ma première exploration de l'univers de Murakami. Je n'avais encore jamais lu de roman de cet illustre auteur japonais (et c'est pas faute d'en avoir acheté quelques uns). Je ne sais si c'était le début idéal, mais il en faut bien un et l'occasion s'est présentée.
Tsukuru Tazaki a appartenu, pendant son adolescence, à un groupe d'amis très proches qui communiaient dans une harmonie parfaite. Les sentiments échangés étaient purs, les cœurs s'épanchaient et se livraient totalement entre eux, les liens étaient forts et idéals. C'est en tout cas le sentiment qu'en a eu Tsukuru jusqu'à la rupture brutale lors de ses années universitaires, alors qu'il avait dû s'éloigner de ses amis pour ses études à Tokyo. Sans réelle explication, l'un d'eux lui a demandé de ne plus chercher à les voir ni à les appeler et, sous le choc, Tsukuru n'en a pas demandé les raisons. À partir de cette rupture, Tsukuru a dû se reconstruire…
Et c'est tout le sujet de ce roman, sa reconstruction et sa quête pour soigner sa blessure. C'est infiniment lent, mais la lecture ne s'en ressent pas pour autant. On n'a pas l'impression de subir ce rythme volontairement contemplatif et même, on trouve plaisant ce mode onirique. Attention, la lecture n'apparaît pas pour autant difficile, complexe, trop recherchée comme c'est souvent le cas dans les histoires dites "oniriques" ou "contemplatives". Et il ne s'agit pas non plus pour Herbert de contempler le plafond pendant des heures en se demandant pourquoi il vit. Non, pas du tout. Il y a de la tension dans cette histoire et on se laisse porter par ce pèlerinage du personnage principal à la recherche de la vérité, de ce qui lui permettra de panser ses blessures et de pouvoir avancer. L'écriture est très agréable et très douce, elle berce et crée en même temps le suspens. C'est une expérience assez curieuse la première fois mais très intéressante et très plaisante à vivre.
Cependant, je ne peux m'empêcher d'avoir ressenti de la frustration à la fin : on voudrait tant savoir s'il arrive ou non à atteindre le bonheur. Et l'auteur prend volontairement un malin plaisir à nous torturer dans ces dernières pages car, clairement, on sait qu'on ne saura pas et que cet imbécile de Tsukuru ne nous aidera pas !
Mais mise à part cette légère frustration (qui arrive quand même à la fin, je trouve ça risqué et gonflé de la part de l'auteur quand même, qui prend le pari de laisser son lecteur sur une note de déception et donc un avis mitigé !), j'ai bien aimé cette lecture qui est, finalement, un premier pas timide et sympathique au seuil de cet univers. Et puis, cette frustration fait finalement partie intégrante de cette ambiance japonaise. Le personnage de Tsukuru, aux réflexions et sentiments assez féminins je trouve, est typiquement le reflet de cette culture très sensible et très fine.
À lire pour découvrir l'auteur.
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