lundi 9 janvier 2017

Lecture : Sacrées sorcières !


Quel plaisir de lire du Roald Dahl et, qui plus est, ce roman qui dresse un portrait désastreux des sorcières.
Car dans cette histoire, les sorcières sont hideuses, méchantes, monstrueuses, démoniaques, bref, à exterminer ! Une grand-mère se retrouve seule à élever son petit-fils à qui elle transmet tout son savoir de norvégienne aguerrie des sorcières. Elle le forme ainsi à reconnaître ces monstrueuses créatures pour mieux leur échapper et ne pas se faire tuer.
En voyage en Angleterre, la grand-mère et son petit-fils se retrouvent dans le même hôtel que la Grandissime Sorcière, en plein cœur du congrès de ces démons réunis pour fomenter un plan horrible : détruire tous les enfants d'Angleterre !

À lire ce roman, je me suis retrouvée quelques années en arrière, alors que je commençais tout juste à aimer lire. L'auteur semble savoir ce que les enfants aiment, ce qu'ils pensent, ce qu'ils ressentent. En fait, on irait même jusqu'à penser que c'est un enfant. Et j'en suis persuadée. Un enfant qui a pris quelques rides, mais un enfant. Pas facile de vivre dans un monde d'adultes et c'est avec tendresse et humour qu'il transcrit ce ressenti que tout le monde a eu, à un moment ou à un autre, et continue à avoir, pour certains.
Lisez-le. Juste pour retourner à cette époque bénie où, certes, on devait aller à l'école, faire ses devoirs et écouter nos parents, mais c'était une période heureuse (en tout cas pour moi) où vous n'étiez responsables de rien, pas même de vous, et où vos obligations n'étaient pas si terribles que ça. Surtout, une période où votre imagination et votre univers n'avaient pas limites, avec pour seule noirceur, les monstres du placard, terribles, mais si familiers…
J'adore !


lundi 2 janvier 2017

Lecture : Steamboat


Dans le cadre de la dernière session CaroLire, j'ai découvert l'univers de Craig Johnson et son personnage Walt Longmire. Je n'avais jamais lu de livre de cet auteur et c'était l'occasion de le connaître.

Walt Longmire (pour ceux qui ne le connaisse pas) est shérif. À la veille de Noël, il reçoit la visite d'une mystérieuse jeune femme asiatique qui semble le connaître, lorsque lui-même n'en a aucun souvenir. Elle va alors lui rappeler un autre Noël, il y a quelques années, rien qu'avec ce seul nom : Steamboat.

Il ne s'agit pas là d'un roman policier, comme on pourrait s'y attendre avec ce personnage et cet auteur. Il s'agit d'un hors-série, d'une histoire qui ne devait être qu'une nouvelle et s'est transformé en roman. D'un conte de Noël où les sentiments sont à vifs et les hommes jouent aux héros pour sauver une petite fille accidentée.
Ce roman se lit bien, l'écriture est assez fluide et les personnages très rapidement attachants. Le rythme est bien mené, pas de temps mort, de longueur ou autre. Tout est correctement mis en place sans artifice et l'on est vite plongé aux côtés de ces personnes qui veulent juste qu'une fillette puisse être soignée. Il y a du suspens, de l'émotion et même un peu d'humour.
Une histoire fort sympathique qui collait bien avec cette période hivernale. À lire pour passer un bon moment au coin du feu.

lundi 5 décembre 2016

Lecture : Scorpi tome 1


Dans le cadre du dernier Masse Critique de Babelio, j'ai eu la chance d'être sélectionnée et de recevoir des éditions Calmant-Lévy un exemplaire de ce roman. Un grand merci à Babelio et aux éditions Calmann-Lévy.

Charlotte est une jeune comptable en période d'essai dans une entreprise parisienne. Alors qu'elle regagne son appartement un soir, elle découvre un enfant d'une dizaine d'années au bas de son immeuble, visiblement perdu. Ne pouvant le laisser seul sous la pluie battante et en pleine nuit, elle l'invite à se réchauffer chez elle, en attendant de découvrir ce qui lui arrive et comment le ramener à ses parents. Mais le jeune garçon se révèle plutôt étrange : il lui parle de tueur à gage, alors qu'un assassin est recherché activement par la police dans la capitale, il a le corps couvert de cicatrices sans que cela ne lui paraisse anormal, et lorsqu'elle recherche son nom sur Internet, elle ne trouve rien d'intéressant qui pourrait l'aider.
Alors qu'elle tente de percer le mystère de son petit invité, et qu'elle hésite à l'amener à la police au risque qu'il retourne auprès de parents maltraitants, elle fait bientôt une nouvelle rencontre surprenante : Adam, le grand frère du garçon, tout aussi étrange que ce dernier…

Il s'agit d'un roman pour adolescent comme on aime bien en dévorer de temps à autre (moi en tout cas) : pas de prise de tête, pas de temps mort, une histoire facile et simple, sans qu'elle tombe dans l'ennuyeux, et une irrésistible envie de tourner les pages après avoir lu les premières lignes. Oui bien sûr on peut prétendre que ce genre de roman n'est pas bien folichon et ne va pas chercher midi à quatorze heures, qu'il est peut-être peu intéressant et dédié à des jeunes pour leur donner le goût de la lecture sans leur faire trop peur, mais moi j'aime les livres qui vous font passer un agréable moment, qui se lisent vite et bien, même s'ils ne vous laissent pas un souvenir impérissables. Certes, son écriture n'est travaillée au point que l'on relise plusieurs fois une même phrase pour le plaisir des mots et des sons, certes, on se doute un peu de la suite des événements et l'histoire d'amour est trop facile, mais ça fait du bien, de temps en temps, de laisser son esprit plonger dans un univers d'adolescent dans lequel on se préoccupe plus de savoir si l'un aime vraiment l'autre, s'il va la sauver des griffes des méchants, et si on va en apprendre un peu plus sur le monde fantastique dans lequel l'héroïne a pénétré malgré elle.
Sans le comparer à d'autres séries comme Le Protectorat de l'Ombrelle, l'ambiance générale sent bon la jeunesse et les pulsions. Et ça aussi, ça fait du bien d'arrêter de se prendre au sérieux juste le temps d'une lecture et de s'octroyer un petit temps "ado".

Je conseille la lecture de ce roman, si l'on cherche une histoire fort sympathique, un univers prometteur (avec "ceux qui marchent dans les ombres") et quelques heures bien agréables pendant cette période de fête et de célébrations, loin du sérieux, du drame et du grandiloquent.
Et j'attends le tome 2 avec impatience !

mardi 15 novembre 2016

Lecture : L'Homme au parapluie et autres nouvelles


Dans le cadre de mon club de lecture CaroLire, je viens de terminer la lecture de ce recueil de nouvelles signé par le grand Roald Dahl. Ce dernier est surtout célèbre pour ses talents de conteur jeunesse, comme Charlie ou la chocolaterie, ou encore James et la grosse pêche. Il était intéressant de le découvrir côté adulte et ce recueil de 4 nouvelles constitue un petit plaisir de quelques heures très délectable.
Difficile d'évoquer chacune de ces histoires sans dévoiler la chute. La première parle d'un vieil homme qui troque son parapluie contre une petite somme qui lui permettra de rentrer en taxi, ne pouvant plus faire cet effort. Mais lorsqu'on décide de le suivre, on découvre une toute autre réalité…
La deuxième s'attarde sur la vie de Monsieur Botibol, qui vient de vendre pour rien l'entreprise que lui avait légué son père, et qu'il n'a pas su faire fructifier. Cela reflète toute sa vie, dénuée de tout succès. Et puis, il découvre la musique…
La troisième nouvelle est l'histoire d'un duo d'escrocs. À court d'argent, ils vont mettre sur pied une entreprise atypique, appelée À moi la vengeance S.A.R.L.…
Enfin, la dernière assez courte est une petite boutade sur un maître d'hôtel plein d'humour.

J'ai littéralement avalé ces 4 histoires, moi qui suis dans une période où je lis peu. Roald Dahl a ceci de merveilleux de pouvoir vous faire lire tout et n'importe quoi, par son incroyable talent de conteur. Néanmoins, je trouve quand même les chutes à ces 4 histoires un peu décevantes, peut-être parce que je m'attendais à chaque fois à une véritable surprise, une fin qui remette tout en question. Peut-être que cette attente est liée à la forme de la nouvelle, de laquelle on attend toujours d'être déstabilisée, bien plus que d'un roman. Cela dit, cela ne remet en rien en cause le plaisir que l'on éprouve à la lecture de ce recueil court et très sympathique. Une bonne incursion dans l'univers de ce magicien, une petite mise en bouche avant la lecture d'un de ses romans ! À découvrir, pour le plaisir, la culture et la curiosité.

dimanche 23 octobre 2016

Lecture : Châlucet ou le pouvoir des rêves


Grâce à Babelio et à son opération Masse Critique, j'ai eu la chance d'être sélectionnée et de recevoir ce roman des Ardents Éditeurs. Merci donc à eux et à Babelio pour ce moment de lecture.

De la Rome Antique au Moyen-Âge, en passant par cette époque cruelle des Croisades, le Limousin et ses seigneurs ont connu maints batailles. Mais l'Histoire se confond avec un mystère entourant deux bagues ensorcelantes, de provenance orientale, à la signification étrange.
De nos jours, en plein cours d'Histoire, Hugo tombe dans un état inconscient et débite des paroles en latin. Son professeur, à qui les paroles font échos à son passé d'étudiant en archéologie, y voit le destin qui a repris sa course. Le jeune homme, quant à lui, ne comprend pas ce qui lui arrive, ni la signification de ses rêves étranges et qui semblent pourtant bien réels, le propulsant en plein cœur du Limousin, à l'époque des chevaliers et de la guerre contre les Plantagenêts. Lorsqu'il est poursuivi par des hommes en noir, il part à la recherche de la vérité.

Mêler Histoire et fantastique n'est pas chose aisée. Il est toujours difficile de ne pas tomber dans le cours académique que l'on forcerait vers la romance, ni vers l'application artificielle d'éléments incongrus sans queue ni tête pour y apporter un peu de "fantaisie". J'ai eu un peu peur au début du roman, car l'écriture n'y est pas aussi fluide que l'on s'y attendrait. Mais la plume semble s'échauffer un peu pour finir par couler tranquillement et dérouler son histoire. Au final, cela donne une lecture agréable, un peu atypique, et surtout une exploration d'une région française particulière qui est toujours intéressante car méconnue. L'intrusion du fantastique via l'histoire des deux bagues n'est pas trop mal faite et s'immisce sans trop d'effort. L'Histoire est relayée bientôt en arrière-plan et laisse la part belle à ce mystérieux pouvoir des rêves qui est le cœur même du roman. Certains personnages manquent un peu d'ampleur et de consistance (la mère d'Hugo, entre autre) et le lecteur aurait peut-être attendue plus de travail sur ce plan. Même s'il est important d'ancrer l'histoire dans l'Histoire, il ne faut pas que ce soit au détriment des protagonistes qui portent finalement les deux histoires (avec une minuscule et avec une majuscule). Difficile d'échapper à certains défauts comme celui-ci lorsqu'on s'embarque dans pareille croisade pour un auteur, mais je trouve qu'il ne s'en sort pas trop mal, car le lecteur s'accroche, sa curiosité piquée. Peut-être y aurait-il fallu plus de maturation de l'ensemble pour sortir un roman moins marqué par ceci ou cela, plus fluide. Mais ce livre n'en garde pas moins un certain charme et m'a procuré une lecture plaisante et agréable.

mercredi 3 août 2016

Lecture : Agatha Raison enquête


Après le long roman fleuve de Gagner la guerre, il me fallait une lecture qui ne nécessite pas trop d'énergie de ma part : une lecture facile, légère, vite avalée, un roman digne des vacances en somme.
Et bien cette petite Agatha Raisin est parfaite pour vous mettre dans ces bonnes conditions !

Femme d'affaire, la cinquantaine, Agatha Raisin a décidé de réaliser son rêve de petite fille : acheter un cottage dans les Cotswolds et couler une paisible retraite dans ce petit paradis de campagne. Oui mais on ne passe pas de Londres au trou perdu en un claquement de doigts et cette dame de fer s'ennuie rapidement dans le village. Surtout qu'elle n'aide pas à se faire apprécier, n'ayant jamais eu l'habitude, bien au contraire, d'être aimable et sympathique. Et lorsqu'elle trouve un concours de quiche fait maison pour gagner l'appréciation de ses voisins, elle se retrouve entraînée dans une histoire lugubre : le président du jury est retrouvé mort le soir même du concours, après avoir dégusté le reste de sa quiche ! Il ne reste plus pour Agatha qu'à résoudre cette énigme.

Voici le pitch du premier tome : La Quiche Fatale.
Cette histoire était fort sympathique, vite lue d'une lecture facile et entraînante. J'aime beaucoup les histoires de mamies anglaises qui enquête dans la campagne anglaise donc c'était parfait pour moi.
Ce roman est sans prétention mais il ne faut pas en rester là je pense. Ce n'est qu'une mise en bouche.

Car le tome 2 est bien meilleur je trouve, plus entraînant et surtout bien plus drôle. Une scène vous fera forcément sourire, voire même rire et Agatha se révèle spécialiste de situations burlesques ! Dans ce 2e tome, elle se retrouve les sens en émoi par un voisin plutôt bel homme, colonel à la retraite, qui ne partage pas ses sentiments et fuit au moindre indice d'une possible séduction de la part de sa voisine. Malgré cela, il se retrouve avec elle à mener une enquête pour une autre mort, une excuse parfaite pour se distraire de l'écriture de son livre d'histoire barbant. Un sacré couple qui m'a bien fait sourire et bien divertit.
Encore une fois, ce roman m'a fait passé un bon moment purement distrayant sans lendemain mais très bien pour les vacances. La fin est d'ailleurs assez bien faite. Je m'attendais plutôt à quelque chose de plus conventionnelle mais elle est au contraire bien plus dans le ton de l'ensemble comme cela.
Je n'attends qu'une chose maintenant : le tome 3 !

jeudi 21 juillet 2016

Lecture : Gagner la guerre



Oh la la. Ce titre.
J'ai découvert l'auteur alors que j'étais une jeune stagiaire (bon d'accord, plus toute jeune pour une stagiaire quand même) dans une petite maison d'édition dont je tairais le nom. Je lisais et "triais" les manuscrits reçus d'inconnus par la poste. L'exercice est assez excitant quand on y pense comme ça, on est peut-être la première lectrice, la découvreuse de talents… mouais. Ce n'est pas tout à fait aussi idyllique, surtout qu'il s'agit d'écrits de monsieur et madame Toutlemonde, autrement dit des auteurs qui n'en sont pas (encore, me direz-vous, mais souvent qui ne le seront jamais, malheureusement). Bref. L'une des éditrices me tend un manuscrit qu'elle avait gardé par devers elle et me demande de le lire et de faire une fiche de lecture. Et là, heureusement que j'étais assise. C'est un peu comme si on vous invitait dans un monde merveilleux, réellement, celui que vous avez rêvé mais que, lucide, vous n'osiez pas même espérer qu'il existait. J'en fais peut-être un peu trop, me direz-vous, mais ce commentaire de lecture sera de toute façon, du grand n'importe quoi d'une fan qui est tout sauf objective et impartiale… Bref, revenons à nos moutons. Il s'agissait d'un recueil de nouvelles, exercice qui est loin d'être facile et bien loin d'être flatteur pour un auteur. Commencer par ce genre littéraire est un peu osé je trouve. C'est un exercice difficile, car il faut mettre en place en peu de temps, personnages et contexte, et il faut que l'histoire se tienne un minimum sans que l'auteur ait finalement des masses de temps pour s'étaler et charmer le lecteur. Un petit bijou en somme, savamment ciselé. Mais tout au contraire, il a complètement servi le talent de cet auteur que je découvrais. Les nouvelles s'enchaînaient sans que je m'en rende compte, sur des tons différents, des univers totalement différents tout en étant finalement proche, avec des personnages opposés les uns des autres, et tout ça sans même me lasser ou me désintéresser de chaque histoire. Les talents de cet auteur étaient ceux d'un conteur, d'un véritable barde. L'écriture était du pur nectar, les histoires se buvaient comme du p'tit lait, on en redemandait et on avait ce vain espoir qu'elles perdureraient encore quelques centaines de pages…
J'étais donc sous le charme total de cet auteur et j'ai offert ce recueil, qui, bien entendu a trouvé éditeur, à mon Jules à la première occasion.

Je n'ai pas tout de suite poursuivi la lecture de ses nouveaux romans qui ont suivi, aller savoir pourquoi, il n'y a pas toujours de raison. Je me suis plongée dans celle de Même pas mort, récemment, et j'ai bien sûr acquis la suite. Et puis je suis allée à la rencontre de l'auteur à l'occasion du dernier salon du livre de Paris, où j'ai acheté ce roman, déjà sorti depuis un moment et qu'une amie me tannait de lire. J'ai pu couvrir d'éloges l'auteur (en rougissant affreusement bien entendu, mais sans trop bégayer étonnamment) et j'ai gagné une dédicace.

Et puis voilà, je me suis lancée dans la lecture de ce pavé il y a bien 3 mois. J'ai mis tout ce temps pour le lire. Non pas que l'histoire soit ennuyeuse, que l'écriture ne soit pas à la hauteur ou que l'ensemble ne m'ait pas du tout intéressé. C'est tout à fait l'opposé. Mais je l'ai lu dans une période plus difficile pour moi d'un point de vue de lectrice, étant gagnée régulièrement par une torpeur et une fatigue incontrôlable. Je voudrais donc mettre sciemment de côté le temps qu'il m'a fallu pour le lire car il n'est en rien le reflet de mon plaisir. Encore que. On pourrait le prendre à rebours et se dire que j'ai volontairement voulu faire perdurer le plaisir, justement. Mais non, c'est une histoire qui se dévore, au contraire, en temps normal.

Benvenuto Gesufal est un assassin à la solde du Podestat de Ciudalia. Pour le compte de son patron, il va remplir un contrat et mettre fin aux jours d'un potentiel rival politique, mais héros de guerre. Cet acte devra bien entendu rester secret afin que son patron reste maître/héros de la ville. Mais voilà, les intrigues politiques et autres magouilles vont finir par retomber sur Benvenuto, notre serviteur. Le connaissant, ça va être sacrément sportif de sortir de ce guêpier mais rien n'est impossible pour cet artiste de la lame !

C'est génial ! Rien que la langue, vous ne pouvez vous empêcher de vous en délecter en relisant parfois plusieurs fois une même phrase qui sonne tellement bien et juste, qui coule et roule à vos oreilles. Si vous n'étiez pas dans le train, vous liriez à haute voix, rien que pour savourer le mariage parfait du son et du sens, la mélodie qui tintinnabule à vos oreilles et vous charme tout à fait. Ça y est, vous êtes fait. Vous ne pouvez plus quitter ce Benvenuto, mauvais garçon, pas toujours galant avec ces dames ni franchement amical avec les autres (surtout s'il a un contrat sur votre tête), mais tellement attachant ! Et puis il a cette façon de parler, tout en poésie des bas-fonds, d'une noblesse argotique encore une fois superbement ciselée qu'on se demande vraiment si l'auteur n'est pas ce vaurien assassin lui-même ! Ah, et que dire de l'histoire elle-même. On s'imagine que c'est tout tranquille, qu'on est du côté du "méchant" qui tue tout le monde, donc il ne lui arrivera rien, et on s'étonne soi-même de retenir son souffle alors qu'il tente de fuir sur les toits, ou qu'on a peur pour sa jolie petite gueule lorsqu'il se fait corriger… On a mal, on frémit, on sourit de ses pirouettes, on exècre les autres qui se dressent contre lui, bref, on l'aime ce Benvenuto, surtout parce qu'il est du côté obscur et que ça fait un bien fou de pouvoir se délecter de ses vengeances et de se dire à l'avance : "Quand est-ce qu'il dérouille sévère celui-là, pour lui avoir fait ce coup bas ?". On se défoule à travers lui de mettre de côté toute moralité gênante et on avance ainsi, en espérant qu'il s'en sortira, et en espérant aussi qu'il ne sera pas pour autant le héros qui ne meurt jamais ou qui n'a jamais mal. On veut une histoire bien, qui se tienne, qui garde sa logique et ne ménage pas nos petits cœurs (car pour ça, on a nos histoires à l'eau de rose à côté, merci bien). Et avec ce roman, on est servi ! Jusqu'au bout, la ligne est gardée et bien menée. C'est un pur bijou, un trésor à capturer, à s'approprier, à siroter tout seul dans son coin, le sourire aux lèvres, les yeux exorbités par la tension de l'action et de l'aventure.
Cap à Ciudalia camarade,  allez donc serrer la pogne de ce bon Benvenuto Gesufal de ma part, car il me manque déjà, le gredin !