Cela faisait longtemps que je n'avais pas participé à une Masse Critique. Et puis un matin, un mail de l'un des membres me demandant si j'étais intéressée par une Masse Critique spéciale. Un polar nordique. Je venais de terminer les Saisons 1 de l'Étrange et souhaitais faire une pause dans le fantastique. En même temps, la quatrième de couverture laissait présager peut-être une histoire de fantôme. Oui, mais avec une ambiance de polar… c'est pas tout à fait pareil et puis ce roman me tentait bien. J'ai eu la chance d'être sélectionnée et voici que je viens de lire la dernière phrase de l'Épilogue…
Nathalie est une thésarde en biologie qui, pour alimenter ses recherches, retourne habiter quelque temps dans les tourbières de son enfance. Là, elle y rencontre un homme charmant. Un jour de tempête, il vient faire son jogging non loin de sa maison. Le vent souffle puis, d'un coup, plus rien. Nathalie court à sa recherche. L'enquête démarre, sur une banale agression, mais bientôt le corps d'un disparu est retrouvé, englouti dans la tourbière selon les rites de sacrifices vieux de plusieurs siècles. Maya, photographe qui travaille pour la police, regarde les clichés qu'elle a pris sur les lieux de l'agression et découvre une silhouette qui semble se cacher…
J'ai beaucoup aimé ce roman. Il est très bien écrit. Il sait parfaitement bien distiller la dose qu'il faut pour qu'on pense à des revenants tout en se disant que c'est impossible puisque ça n'existe pas. Alors on lit, pour savoir. Pour savoir si nos soupçons sont bons ou pas. Pour savoir la vérité. On tourne les pages qui se tournent d'elles-mêmes. On avance dans la brume, dans la tourbière, embourbé un peu mais en tenant la main des personnes qui portent l'histoire. Car on s'attache très facilement aux personnages, que ce soit Nathalie tourmentée par son passé et son présent tout à la fois, fragile et pourtant suffisamment forte pour faire face aux "fantômes" de son passé, Maya, une photographe de la police mais surtout une artiste, qui va créer ce lien social nécessaire pour résoudre cette énigme, Göran, le spécialiste du paranormal qui connaît les lieux et tente de rendre crédible l'impossible. Même Johannes, que l'on côtoie peu mais que l'on veut mieux connaître.
La résolution de l'histoire est bien. Elle est logique et pas si attendue que ça (bon, je suis nulle aussi pour deviner, en général). Et puis, elle est multiple.
Ce n'est pas un polar ordinaire, l'ambiance n'y est pas glauque ou malsaine. On veut juste savoir, comme une histoire qu'on aurait entendu parler, comme un fait divers étrange derrière lequel on pressent un je ne sais quoi d'indéfinissable qui titille notre curiosité. Ça tient en haleine comme il faut sans faire peur ou sans y mettre trop de sang. C'est très bien équilibré et je le recommande très chaudement. Un très bon roman.
dimanche 10 mars 2019
mardi 19 février 2019
Lecture : Saison 1 des Saisons de l'étrange
Vous connaissez Ulule ? Cette plateforme qui permet de financer des projets qui vous tentent.Je vous en avais parlé à l'occasion de commentaires sur un titre de cette maison d'édition : 115° vers l'Épouvante. Et bien j'ai reçu toute la saison depuis et je viens de terminer le dernier livre. Petit retour sur cette première saison plus que prometteuse !
On est en 1932. Gabriel Dacié est un célèbre aviateur et aventurier, inventaire en aéronautique qui n'hésite pas à mettre son talent et son argent au service de la police. Il est installé dans la Tour Eiffel où il vit et travaille. Nous sommes à une époque formidable où les ballons dirigeables cohabitent avec les découvertes magiques. Joyeuse, l'épée de Charlemagne vient d'être dérobée, et Gabriel, aidé de ses compagnons que sont son compagnon Jean De Grange, lui-même aviateur, sa sœur Violette De Grange, scientifique qui étudie l'énergie mentalique aux côtés de Camille Désormeau, mentaliste. Tous vont prendre part à cette enquête qui mêle deux affaires, le vol de l'épée, et la mystérieuse disparition d'un autre scientifique qui étudiait les mondes parallèles grâce à un étrange objet pyramidale.
On est en l'an 3000. Londres est une métropole anglo-russe, la France, des rebelles communistes, et l'on côtoie des robots androïdes autant que des bouddhas, expliquant pourquoi on se situe pas dans les années 70 comme c'est le cas en France, Londres et tout l'empire Russe ayant adopté le calendrier bouddhiste. On suit les enquêtes d'un détective privé nommé Jan Marcus Bodichiev, raconté au travers d'un journal tenu par son associé Viat Koulikov et retrouvé par son fils Olaf. Ce détective est spécialisé en sécurité informatique mais il est surtout friand des affaires impossibles, celles que la police n'arrive pas à élucider et lui confie à contrecœur. Nous voilà embarqués aux côtés de cet étrange détective holmesien au cours de nouvelles parfois longues, parfois courtes, selon les papiers retrouvés par Olaf dans les affaires de son père. Problèmes de régulation climatique, rébellion de robot domestique ou encore histoire de cœur sur fond politique, on fait face à toutes sortes d'enquêtes. Mais l'importance n'est pas vraiment dans leur résolution, souvent concise, mais dans l'attachement que l'on éprouve progressivement au personnage et à son monde uchronique.
À notre époque, dans la banlieue parisienne de Clamart. Dans le bois de Meudon se trouve un menhir que l'on appelle la Pierre aux Moines. L'Œil, un musicien de rock, est témoin d'un étrange phénomène qui touche un autre musicien d'un autre groupe lors d'un festival. Il décide de mener l'enquête, et contacte bientôt une amie à lui, une membre de l'Agence Arkham, spécialiste des phénomènes étranges et inexpliqués. Des profanations de tombes et d'étranges processions de druides sont l'objet de cette enquête qui donnera du fil à retordre à nos deux héros.
Ann Radcliffe est la célèbre auteure des Mystères d'Udolphe, roman gothique du XIXe siècle. Une vieille dame et petite-cousine de la romancière narre à Paul Féval l'aventure incroyable qu'Ann a vécu et qui l'a inspiré pour sa prose. Et Paul Féval nous rapporte alors cette fantastique histoire dans laquelle Ann a combattu, entourée de compagnons assez hétéroclites, le vampire Mr Gotzi jusque dans la Ville Vampire (titre originel de ce roman). La course-poursuite pour sauver ses amis de l'emprise de la goule tient le lecteur en haleine et même si, finalement, le personnage d'Ann Radcliffe n'est pas plus développée que cela, on tient quand même à connaître la fin.
Marie-Antoinette est une jeune fille des Halles, qui crèche dans un bouge du Poil-au-Con à Paris. Elle souhaite se sortir de cette galère en rencontrant le responsable de l'Exposition Universelle M. Picard et en le convainquant (l'embobinant) de l'ajouter au défilé de modes de l'expo.
Une saison assez riche en aventures, un excellent divertissement, et un bon moyen de découvrir ou redécouvrir des auteurs. Hâte de recevoir la prochaine saison !
Les Compagnons de Rolland.
On est en 1932. Gabriel Dacié est un célèbre aviateur et aventurier, inventaire en aéronautique qui n'hésite pas à mettre son talent et son argent au service de la police. Il est installé dans la Tour Eiffel où il vit et travaille. Nous sommes à une époque formidable où les ballons dirigeables cohabitent avec les découvertes magiques. Joyeuse, l'épée de Charlemagne vient d'être dérobée, et Gabriel, aidé de ses compagnons que sont son compagnon Jean De Grange, lui-même aviateur, sa sœur Violette De Grange, scientifique qui étudie l'énergie mentalique aux côtés de Camille Désormeau, mentaliste. Tous vont prendre part à cette enquête qui mêle deux affaires, le vol de l'épée, et la mystérieuse disparition d'un autre scientifique qui étudiait les mondes parallèles grâce à un étrange objet pyramidale.
J'ai bien aimé. C'est un très bon divertissement qui mêle aventure steampunk et magie. On s'attache rapidement aux personnages, même si on attend un peu plus de profondeur à leur égard. Mais il s'agit d'une série, et les personnages reviendront dans une autre aventure. Ce sera l'occasion de les connaître mieux et de découvrir des caractères, je l'espère, plus complexe.
L'histoire se lit bien cependant et on passe un bon moment.
Mémoire d'un détective à vapeur.
On est en l'an 3000. Londres est une métropole anglo-russe, la France, des rebelles communistes, et l'on côtoie des robots androïdes autant que des bouddhas, expliquant pourquoi on se situe pas dans les années 70 comme c'est le cas en France, Londres et tout l'empire Russe ayant adopté le calendrier bouddhiste. On suit les enquêtes d'un détective privé nommé Jan Marcus Bodichiev, raconté au travers d'un journal tenu par son associé Viat Koulikov et retrouvé par son fils Olaf. Ce détective est spécialisé en sécurité informatique mais il est surtout friand des affaires impossibles, celles que la police n'arrive pas à élucider et lui confie à contrecœur. Nous voilà embarqués aux côtés de cet étrange détective holmesien au cours de nouvelles parfois longues, parfois courtes, selon les papiers retrouvés par Olaf dans les affaires de son père. Problèmes de régulation climatique, rébellion de robot domestique ou encore histoire de cœur sur fond politique, on fait face à toutes sortes d'enquêtes. Mais l'importance n'est pas vraiment dans leur résolution, souvent concise, mais dans l'attachement que l'on éprouve progressivement au personnage et à son monde uchronique.
Ces courtes histoires sont peut-être pleines de défaut, mais c'est l'un de mes coups de cœur de cette saison et je ne me l'explique pas. J'attends juste avec une grande impatience le prochain tome de la saison 2 !
Le Nombril du monde.
À notre époque, dans la banlieue parisienne de Clamart. Dans le bois de Meudon se trouve un menhir que l'on appelle la Pierre aux Moines. L'Œil, un musicien de rock, est témoin d'un étrange phénomène qui touche un autre musicien d'un autre groupe lors d'un festival. Il décide de mener l'enquête, et contacte bientôt une amie à lui, une membre de l'Agence Arkham, spécialiste des phénomènes étranges et inexpliqués. Des profanations de tombes et d'étranges processions de druides sont l'objet de cette enquête qui donnera du fil à retordre à nos deux héros.
Les personnages, les lieux, tout contribuent à nous scotcher à cette histoire qu'on ne lâche plus. On veut savoir ce qui arrive à ce musicien attachant et à son amie qui brave les recommandations de son supérieur. On veut savoir ce qui se cache derrière cette magie noire et si la fin du monde est bien arrivée. On tourne les pages fébrilement de ce court roman de 120 pages qui nous narre les aventures de potes que l'on pourrait avoir ou même d'aventures qui pourraient nous arriver à nous.
Mon 2e coup de cœur de cette saison. Et j'espère de tout cœur qu'un tome 2 arrivera.
Ann Radcliffe contre les vampires.
Ann Radcliffe est la célèbre auteure des Mystères d'Udolphe, roman gothique du XIXe siècle. Une vieille dame et petite-cousine de la romancière narre à Paul Féval l'aventure incroyable qu'Ann a vécu et qui l'a inspiré pour sa prose. Et Paul Féval nous rapporte alors cette fantastique histoire dans laquelle Ann a combattu, entourée de compagnons assez hétéroclites, le vampire Mr Gotzi jusque dans la Ville Vampire (titre originel de ce roman). La course-poursuite pour sauver ses amis de l'emprise de la goule tient le lecteur en haleine et même si, finalement, le personnage d'Ann Radcliffe n'est pas plus développée que cela, on tient quand même à connaître la fin.
On sent l'aventure facile à la Buffy, on sent la pique de Féval contre le plagiat des auteurs anglais, on sent le dédouannement de l'auteur lorsque les retournements de l'histoire s'avèrent trop faciles puisqu'il s'agit là d'une histoire qu'on lui a rapportée… Et alors ? C'est aussi facile et agréable à lire qu'un épisode de série actuelle est facile et agréable à visionner. C'est aussi le but de cette saison de l'étrange qui atteint son objectif puisqu'on sourit, on frémit et on se cultive d'un roman qui en aura initié d'autres bien plus célèbres (Tanith Lee et Poppy Z. Brite). Un bon divertissement !
Les Fantômes du Nouveau Siècle.
Marie-Antoinette est une jeune fille des Halles, qui crèche dans un bouge du Poil-au-Con à Paris. Elle souhaite se sortir de cette galère en rencontrant le responsable de l'Exposition Universelle M. Picard et en le convainquant (l'embobinant) de l'ajouter au défilé de modes de l'expo.
Sa soupes aux arlequins est l'outil pour sa combine, et Léon son complice. Mais la soupe se révèle empoisonnée et le complice retrouvé mort. Marie-Antoinette décide alors d'intégrer la maison de M. Picard pour mener l'enquête de l'intérieur et devient alors la femme de chambre d'un étrange japonais.
Le verbe argotique de l'héroïne, les descriptions de Paris sous l'œil parfois naïf de cette orpheline et ses arnaques et combines alambiquées mais si drôles nous font passer un excellent moment. C'est superbement écrit et amené. On ne veut pas lâcher le livre ni la jeune Marie qui doit se dépêtrer tant bien que mal d'une extraordinaire mouise. Tous les personnages sont attachants, jouent parfaitement leur rôle et l'entremêlement d'inventions et d'ésotérisme est savamment mené, distillé, juste. On y croit, on est avec Marie, avec Méliès, avec Picard et même avec cet étrange japonais exorciste.
Encore un coup de cœur, mon 3e, et peut-être le plus fort de cette saison. Hâte de me retrouver à nouveau aux côtés de cette môme du Paris de 1900 !
Une saison assez riche en aventures, un excellent divertissement, et un bon moyen de découvrir ou redécouvrir des auteurs. Hâte de recevoir la prochaine saison !
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samedi 30 juin 2018
Lecture : Jackaby
J'ai eu l'heureuse chance de recevoir ce roman dans le cadre d'une Masse Critique spéciale. Un grand merci à Babelio et aux éditions Bayard pour ce délicieux moment.
Miss Rook est une toute jeune femme qui vient juste de débarquer en Nouvelle Angleterre, en fuite de la maison familiale depuis un an.
En désaccord avec sa mère mais surtout son père, elle recherche l'aventure plutôt que le calme ennuyeux du foyer où les dames comme il faut ont leur place.
Après avoir essuyé quelques refus dans sa recherche d'un travail, elle tombe sur l'annonce d'un certain Jackaby qui recherche une assistante. Lorsqu'elle se renseigne un peu sur lui, les personnes lui racontent d'étranges anecdotes : soit ils le traitent de personnage bizarre, soit ils sont en admiration devant lui. Alors qu'elle se rend chez lui, elle va très vite être mise à l'épreuve : Jackaby est un détective et il part enquêter de suite sur la mort violente d'un journaliste.
Abigail Rook va cotoyer l'étrange aux côtés de son employeur : une banshee, un troll, un métamorphe, et bien d'autres encore… l'aventure qu'elle espérait tant va la frapper de plein fouet et nous emmener avec elle dans le monde de cet étrange personnage qu'est Jackaby.
J'ai beaucoup aimé ce roman : l'écriture est assez fluide, les personnages sont très attachants, et l'histoire moins banale que je ne le pensais. On se prend au jeu de l'enquête et on pense avoir trouvé l'identité du coupable mais le monde de Jackaby est peuplé de bien d'autres créatures fantasques moins connues et plus intéressantes que prévu ! L'ambiance est mystérieuse sans être délirante ni trop floue. On ne reste aucunement sur notre fin et l'auteur arrive à créer un duo comme on les aime, avec leurs manies, et leur fonctionnement qui leur sont propres.
J'ai noté un numéro un sur la tranche du livre, peut-on espérer une autre aventure de Jackaby ? Ce serait bien chouette car j'aimerais beaucoup le retrouver ainsi que son assistante, ou encore le fantôme de sa demeure accompagné du canard Douglas.
Un très sympathique roman que je recommande pour passer un bon moment !
Miss Rook est une toute jeune femme qui vient juste de débarquer en Nouvelle Angleterre, en fuite de la maison familiale depuis un an.
En désaccord avec sa mère mais surtout son père, elle recherche l'aventure plutôt que le calme ennuyeux du foyer où les dames comme il faut ont leur place.
Après avoir essuyé quelques refus dans sa recherche d'un travail, elle tombe sur l'annonce d'un certain Jackaby qui recherche une assistante. Lorsqu'elle se renseigne un peu sur lui, les personnes lui racontent d'étranges anecdotes : soit ils le traitent de personnage bizarre, soit ils sont en admiration devant lui. Alors qu'elle se rend chez lui, elle va très vite être mise à l'épreuve : Jackaby est un détective et il part enquêter de suite sur la mort violente d'un journaliste.
Abigail Rook va cotoyer l'étrange aux côtés de son employeur : une banshee, un troll, un métamorphe, et bien d'autres encore… l'aventure qu'elle espérait tant va la frapper de plein fouet et nous emmener avec elle dans le monde de cet étrange personnage qu'est Jackaby.
J'ai beaucoup aimé ce roman : l'écriture est assez fluide, les personnages sont très attachants, et l'histoire moins banale que je ne le pensais. On se prend au jeu de l'enquête et on pense avoir trouvé l'identité du coupable mais le monde de Jackaby est peuplé de bien d'autres créatures fantasques moins connues et plus intéressantes que prévu ! L'ambiance est mystérieuse sans être délirante ni trop floue. On ne reste aucunement sur notre fin et l'auteur arrive à créer un duo comme on les aime, avec leurs manies, et leur fonctionnement qui leur sont propres.
J'ai noté un numéro un sur la tranche du livre, peut-on espérer une autre aventure de Jackaby ? Ce serait bien chouette car j'aimerais beaucoup le retrouver ainsi que son assistante, ou encore le fantôme de sa demeure accompagné du canard Douglas.
Un très sympathique roman que je recommande pour passer un bon moment !
vendredi 15 juin 2018
Lecture : Le Loup et le Chevalier
Heureuse sélectionnée à la Masse Critique Babelio spécial jeunesse, j'ai reçu des éditions Balivernes cette petite merveille. Un grand merci à tous pour m'avoir fait découvrir cet album.
Petit Ours demande à son papa de lui raconter une histoire. Il était une fois… un loup ? Non, Papa Ours ne veut pas raconter d'histoire avec un loup, juste un chevalier. Mais le loup s'invite quand même et il faut bien continuer l'histoire…
Un petit album sans prétention, très coloré, aux dessins à la fois simples et modernes. L'histoire est rigolote et nous renvoie nous, parents, à nos principes pas toujours réalisables et pas toujours si bons : éviter le loup ou le monstre dans l'histoire n'est pas toujours la solution pour préserver nos petites têtes blondes et ne soulage pas le besoin d'exorciser ses peurs que peut ressentir l'enfant.
Mais toute cette philosophie de bas étage n'est pas aussi pesante dans cet album, à peine la ressent-on. Et quand finalement le loup vient, on est bien content qu'il soit enfin là ! Surtout mon loup à moi qui me demande souvent de lui raconter cette petite histoire d'ours, de loup, de lapin et de courage…
À découvrir avec son enfant, à explorer pour les dessins et les couleurs, et pour rigoler surtout du loup !
dimanche 20 mai 2018
Lecture : Atomic (s)trip
J'ai eu l'heureuse bonne nouvelle d'être sélectionnée par la récente Masse Critique de Babelio et de recevoir ce recueil de manga de l'auteur Atsushi Kaneko, paru aux éditions PIKA Graphic.
Dans ce recueil, on retrouve plusieurs courtes histoires classées selon deux voies : les histoires parues dans le magazine Tattoo Girl(s) et qui n'avaient jamais été rassemblées en un seul volume, et les histoires du recueil précédemment édité Atomic ?
Toutes les histoires issues du magazine Tattoo Girl(s) racontent le tatouage d'une femme. Pourquoi l'une porte le tatouage d'un oiseau, comment l'autre explique son tatouage d'araignée, ou encore les mots gravés sur le revers de sa lèvre inférieure… Bien entendu c'est souvent glauque, marqué d'humour noir. Le fait même que ce soit court apporte encore plus d'intensité à l'histoire, tout comme sa chute qui, à la manière des nouvelles, catalyse toute la force de l'ensemble dans le seul but de provoquer un choc. On sent que la fin arrive mais on ne sait pas tout à fait comment elle va nous percuter. C'est tout l'intérêt de l'histoire courte.
Quant à celles de la seconde partie de l'époque Atomic ? elles me sont apparues plus violentes dans leur contexte et leur message. Là, c'est certain, elles percutent de plein fouet l'ordre établi ou même leur histoire raconte une réalité plus sombre. On va presque crescendo dans l'horreur et la violence et chaque fois, on se retrouve dérouté par la fin et l'ambiance.
Je ne connaissais pas l'auteur ni son œuvre, et comme toujours j'ai pu découvrir un nouvel univers grâce à Babelio et aux éditeurs participants aux Masses Critiques. C'est très agréable d'être un peu bousculé dans nos habitudes de lecture et de se confronter à des ambiances ou des mondes que l'on n'aurait pas exploré sans qu'on nous y amène. Une très belle découverte donc, que je recommande, car cet auteur, par ses dessins très expressifs et bien léchés, nous montre une réalité noire sans pour autant basculé dans le gore total. De la retenue tout en maîtrisant ce rythme qui s'intensifie à mesure qu'on approche de la fin pour terminer sur un bouleversement surprenant, l'auteur est un maître dans l'art du manga court et percutant.
À lire, qu'on soit amateur ou non de ce type de nouvelles graphiques.
mercredi 16 mai 2018
Lecture : Celle qui n'avait pas peur de Cthulhu
Heureuse sélectionnée au dernier Masse Critique des littératures de l'imaginaire, j'ai reçu ce roman de Karim Berrouka. Rien que le titre en dit long sur la lecture…
Ingrid est abonnée aux types barjos : que ce soit son dernier petit ami en date ou le gars qui s'est assis juste à côté d'elle dans le métro. Mais ce qui est troublant c'est qu'ils sembleraient tous deux d'accord sur leur élucubrations : elle est le Centre du pentacle. Vaste programme. Seulement, quand la police vient la chercher chez elle et la soumet à un interrogatoire serré en pleine nuit, quand des gens encore plus bizarres s'adressent à elle et lui offrent des voyages en Grèce ou à Vienne pour rencontrer leur groupe, quand le type du métro lui offre du caviar et des liasses de billets pour qu'elle s'intéresse un peu à Lovecraft, ça commence à faire beaucoup, non ? Et si Howard Philipps n'avait pas écrit que des conneries…
Ingrid est un personnage on ne peut plus attachant : elle est hermétique à toute forme de spirit et sensible uniquement à un bon verre de bière. Elle est intelligente et pleine d'humour, mais elle a la poisse et n'attire que les cas. Bref, c'est notre meilleure amie, celle qui nous raconte toujours des trucs incroyables. Oui mais là, c'est bien plus que des trucs incroyables, et malgré le ton très détaché qu'elle prend au début, on commence à croire comme elle que tout n'est pas qu'inepties. Les sectes d'accord, les gens bizarres ok, mais les monstres et les statuettes qui prennent vie, c'est quand même autre chose.
Cet humour mêlé à l'aventures et au surnaturel, c'est tout ce que j'aime. C'est parfait pour passer un excellent moment et pour nous donner envie de s'y replonger, dans Cthulhu. Car même si elle se frotte dangereusement à des êtres effroyables, il manque l'angoisse à ce roman pour en faire un digne successeur de Lovecraft. Et je ne pense pas que c'est là ce que souhaite l'auteur. Il cherche plutôt à reprendre à son compte ce monde incroyable pour le modeler à sa sauce. Ce qui donne un résultat surprenant et très sympa. Car là où il manque l'angoisse lovecraftienne, il y a par contre l'humour totalement absent chez le maître. Une compensation qui amène Cthulhu et ses potes dieux anciens sur des chemins différents qu'on explore avec avidité. On tourne les pages sans compter, on veut savoir ce qui nous arrive, enfin, ce qui arrive à Ingrid, comment elle va se sortir de l'orgie démoniaque en Grèce, ou de bien d'autres péripéties. Très vite, on est à ses côtés, à se dire que c'est quand même terrible ce qui lui tombe dessus, et que ce bon Lovecraft n'était pas si fou (ou alors on l'est aussi). On y croit, on se dit que ça va finir comme ça doit finir, mais on est quand même un peu surpris par la fin. Pour ma part, je ne m'attendais pas à ce que ça se termine ainsi.
Une très bonne surprise que ce roman sans prétention qui, sous ses airs de roman léger, est une excellente incursion dans l'univers de Lovecraft. Karim Berrouka connaît parfaitement son sujet, et décide de nous prendre par la main et de nous montrer une autre façon de voir le tableau terrifiant, par une lorgnette plus décalée. À lire !
mercredi 11 avril 2018
Lecture : 115° vers l'épouvante
Il y a quelques mois, j'ai littéralement craqué pour un projet sur Ulule, la plateforme qui permet à des projets de voir le jour grâce à des financements d'anonymes qui croient au projet.
Il y avait le financement d'une nouvelle maison d'édition, Les Saisons de l'Étrange, recommandée par Les Moutons électriques. Ce projet me tentait vraiment, pouvoir encourager les autres à créer une maison d'édition, ce qui est loin d'être du petit beurre, et qui plus est, avec des thèmes de livres très attirants, j'ai dit BANCO ! Après tout, si le projet voyait le jour, j'allais recevoir des livres qui me tentaient bien (et que je me serais procurée de toute façon), et si le projet n'atteignait pas son objectif, et bien je ne déboursais rien. Pas de réelle prise de risque en somme.
Le projet a eu l'heureuse idée de voir le jour et j'ai reçu déjà 4 livres de la première saison.
Le premier livre est 115° vers l'épouvante, de Lazare Guillemot. Et il est excellent !
Un prêtre et un jeune guide se retrouvent pourchassés par un étrange nuage aux allures de crapaud sans yeux. Énorme, il semble tout sauf amical. Et lorsqu'un hydravion vient leur porter secours, on commence à sérieusement se poser des questions, non ?
Ce livre est un pur délice pour les amateurs de roman d'aventures : il est pour moi l'alliance de Lovecraft, pour le côté créatures répugnantes incroyables et très effrayantes, et d'Indiana Jones mais en mode équipe, pour le côté aventures. On ne s'ennuie pas une seule minute dans ce roman qui tient un rythme soutenu du premier mot au dernier point. Si vous recherchez un bon divertissement autre qu'un écran banal et abrutissant, je vous conseille fortement ce petit bijou. Je ne m'attendais vraiment pas à un roman de cette qualité pour le premier livre de cette saison de l'étrange et je suis très agréablement surprise. Les personnages sont tous bien campés, on ne sait pas tout sur eux, loin de là car l'action prédomine dans ce roman au détriment de moments psychologiques, mais l'auteur arrive à nous les rendre attachants. Que ce soit le prêtre, le jeune guide, les aventuriers de chocs père, fille et neveu, ou encore les jeunes matelots Gog et Magog, on a envie d'en savoir plus sur chacun d'eux, de mieux les connaître. Je ne sais pas s'il est prévu une autre aventure avec un ou plusieurs de ces personnages, mais je serai curieuse de le lire si c'était le cas. Le lecteur comble cependant avec plaisir les vides dans leur vie. Et comme l'histoire se déroule en des lieux connus, on croit vraiment être aux côtés de cette fine équipe. C'est vraiment un Lovecraft, sans la terreur. Certes, les créatures sont effrayantes, mais l'ambiance générale n'est ni angoissante ni oppressante, comme peuvent l'être les nouvelles du Maître. Et aucun plagiat ou volonté de s'inscrire dans le monde Lovecraftien ne se fait sentir : c'est un parallèle qui se limite aux créatures épouvantables qui poursuivent nos héros. Un bon roman d'aventures et d'épouvante, bien écrit qui se lit à vive allure.
Un excellent moment de lecture, je le recommande !
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