mardi 21 juin 2016

Lecture : À la recherche de New Babylon


Dans le cadre d'un Masse Critique Babelio, j'ai eu la chance d'être sélectionnée et j'ai reçu ce roman western des éditions Libretto. Merci à Babelio et aux éditions Libretto pour la découverte.

Un révérend aux deux mains coupées est retrouvé à demi-conscient et accueilli par une famille dans l'espoir qu'il puisse prêcher la bonne parole et évincer ainsi les Mormons qui ont l'emprise sur la région. Mais le Révérend Aaron n'est pas ou plus un prêcheur.
Un jeune gangster pyromane et voleur, capable de dormir d'un sommeil imperturbable en pleine bagarre dans un bar sera suivi par ce même Révérend.
Il croisera également Pearl Guthrie, une jeune femme à la recherche de son futur époux, qui quittera sa ville natale et sa mère, partira sur les chemins explorer les villes alentours et toujours plus loin, désespérément en peine de mari.
Qu'elle trouvera finalement peut-être en Russian Bill, un autre gangster plutôt gentleman qui désire établir la ville idéale, New Babylon, où les shérifs ni aucune loi n'existent.

Ce roman est assez étrange et un peu déstabilisant. Je m'attendais plutôt à un western plus classique, aux codes et règles issues des films de mon enfance ou d'un Lucky Luke en mode adulte.
Car, même si les codes et règles semblent bien être présents, ils sont ancrés dans un ensemble et une atmosphère à volonté plus réalistes peut-être, ce qui ôte un peu le charme qui pimente ces westerns un peu surréalistes, même s'ils se veulent coller au plus proche de l'Histoire. Et puis, le tout manque de rythme également : la première partie n'est qu'une succession des villes fréquentées par Charles Teasdale où il a pu échappé à la pendaison, suivi de près par le Révérend, puis suit la partie consacrée à Pearl et les nombreuses villes qu'elle fréquente à la recherche d'un époux, enfin arrive Russian Bill, un gentleman gangster qui lui servira de Chaperon, puis de mari par procuration. On boucle la boucle sur le Révérend pour clore cette sorte de saga Western qui explore ainsi la vie de 4 personnages totalement différents qui croiseront leur route et apporteront aux uns et aux autres malheur, bonheur, aventures… Cet effet de succession semble moins sensible au lecteur dans la partie avec Pearl et Russian Bill, mais le fait de passer ainsi d'un personnage à un autre sans vraiment approfondir ni vraiment s'y attarder, comme si l'on effleurait leurs vies à un moment donné (pertinent et crucial certes, mais assez court finalement), empêche le lecteur de s'attacher à l'histoire. On garde une certaine curiosité de la suite, de la fin, de comment ils se sont rencontrés et finalement quittés, puis revus, mais on reste sur le banc de touche, totalement détachés, sans prendre part ni s'impliquer : c'est un peu comme si on lisait le journal, mais en complet retrait, tout prêt à le refermer à la moindre occasion, sans réel regret.
Je trouve regrettable ce détachement et ce manque de sensibilisation du lecteur. Le roman reste pas mal, mais sans plus. Certes, on se sent immergé dans l'époque, mais on reste en dehors de l'histoire. Dommage.

jeudi 21 avril 2016

Lecture : La vengeance du Wombat et autres histoires du bush


Dans le cadre de la dernière session de CaroLire, je me suis lancée dans la lecture de ce petit recueil de nouvelles de Kenneth Cook. Je m'étais procurée ce livre car le titre m'intriguait et le tout me semblait bien dépaysant. Alors, pourquoi pas ?
Mais avant toute chose, qu'est-ce que le bush australien : il s'agit d'une région située au sud (sud-ouest et sud), caractérisé par forêts, bois et broussailles de type méditerranéen.

Le narrateur de ces nouvelles semble se confondre avec l'auteur lui-même : il s'agit d'un auteur qui arpente cette région pittoresque de l'Australie à la recherche de bonnes histoires à écrire et à raconter. Le pauvre homme se retrouve la plupart du temps dans des situations périlleuses, inextricables et dangereuses, que ce soit au contact d'animaux typiques (Wombat, Kangourou, Koala, serpents en tout genre), ou de personnages typiques (collectionneurs saugrenues, vendeur de grenade, éleveur de serpent, etc.). Et le lecteur savoure chacune de ces truculentes histoires en frémissant gentiment pour ce narrateur malchanceux, tout en étant persuadé que tout finira bien par s'arranger pour lui, de quelque manière que ce soit.

C'est sympathique. C'est dépaysant. C'est agréable entre deux lectures fleuves et on découvre un peu ce paysage et la culture particulière de l'Australie du Sud. Pourquoi pas comme lecture à la plage, ou quand on ne sait pas trop quoi lire de court et de plaisant, sans rechercher l'exceptionnel ou le coup de cœur. On sourit facilement face aux déboires de cet auteur qui se retrouve toujours dans les pires situations. On attend même chaque nouvelle comme une énième aventure désastreuse.
C'est un peu comme un apéritif : un moment agréable pendant lequel on picore de bons morceaux.

vendredi 15 avril 2016

Lecture : L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage


Dans le cadre de la nouvelle session du ClubSormand, je me suis lancée dans la lecture de ce roman, qui coïncidait avec ma première exploration de l'univers de Murakami. Je n'avais encore jamais lu de roman de cet illustre auteur japonais (et c'est pas faute d'en avoir acheté quelques uns). Je ne sais si c'était le début idéal, mais il en faut bien un et l'occasion s'est présentée.

Tsukuru Tazaki a appartenu, pendant son adolescence, à un groupe d'amis très proches qui communiaient dans une harmonie parfaite. Les sentiments échangés étaient purs, les cœurs s'épanchaient et se livraient totalement entre eux, les liens étaient forts et idéals. C'est en tout cas le sentiment qu'en a eu Tsukuru jusqu'à la rupture brutale lors de ses années universitaires, alors qu'il avait dû s'éloigner de ses amis pour ses études à Tokyo. Sans réelle explication, l'un d'eux lui a demandé de ne plus chercher à les voir ni à les appeler et, sous le choc, Tsukuru n'en a pas demandé les raisons. À partir de cette rupture, Tsukuru a dû se reconstruire…

Et c'est tout le sujet de ce roman, sa reconstruction et sa quête pour soigner sa blessure. C'est infiniment lent, mais la lecture ne s'en ressent pas pour autant. On n'a pas l'impression de subir ce rythme volontairement contemplatif et même, on trouve plaisant ce mode onirique. Attention, la lecture n'apparaît pas pour autant difficile, complexe, trop recherchée comme c'est souvent le cas dans les histoires dites "oniriques" ou "contemplatives". Et il ne s'agit pas non plus pour Herbert de contempler le plafond pendant des heures en se demandant pourquoi il vit. Non, pas du tout. Il y a de la tension dans cette histoire et on se laisse porter par ce pèlerinage du personnage principal à la recherche de la vérité, de ce qui lui permettra de panser ses blessures et de pouvoir avancer. L'écriture est très agréable et très douce, elle berce et crée en même temps le suspens. C'est une expérience assez curieuse la première fois mais très intéressante et très plaisante à vivre.
Cependant, je ne peux m'empêcher d'avoir ressenti de la frustration à la fin : on voudrait tant savoir s'il arrive ou non à atteindre le bonheur. Et l'auteur prend volontairement un malin plaisir à nous torturer dans ces dernières pages car, clairement, on sait qu'on ne saura pas et que cet imbécile de Tsukuru ne nous aidera pas !
Mais mise à part cette légère frustration (qui arrive quand même à la fin, je trouve ça risqué et gonflé de la part de l'auteur quand même, qui prend le pari de laisser son lecteur sur une note de déception et donc un avis mitigé !), j'ai bien aimé cette lecture qui est, finalement, un premier pas timide et sympathique au seuil de cet univers. Et puis, cette frustration fait finalement partie intégrante de cette ambiance japonaise. Le personnage de Tsukuru, aux réflexions et sentiments assez féminins je trouve, est typiquement le reflet de cette culture très sensible et très fine.

À lire pour découvrir l'auteur.

vendredi 8 avril 2016

Lecture : La légende de Momotaro


Dans le cadre de la dernière Masse Critique spécial jeunesse, j'ai été sélectionnée et j'ai reçu cet album des éditions Marmaille et compagnie. Un grand merci à Babelio et à la maison d'édition de ce bel illustré tout en poésie.

Momotaro est issu d'une pêche, qu'une vieille femme a reçu entre les mains alors qu'elle lavait son linge dans une rivière. Cet être alors minuscule va se révéler extraordinairement fort, au point de se voir confier une mission digne d'un héros…

Mon petit laïus, totalement dénué de poésie et de musique est tout le contraire de cette légende qui se lit à haute voix. La musique des mots répond à celle des illustrations magnifiques et le tout nous emporte facilement au cœur du Japon, aux côtés de cet être formidable de force et de simplicité à la fois. Un très beau conte à lire à son enfant, et même à soi-même, pour nous préparer à de doux rêves…

Un très bel objet à offrir, à s'offrir, à découvrir !
Et le petit mot qui accompagnait le pli était fort sympathique !


mardi 5 avril 2016

Lecture : Anno Dracula


Dans le cadre de la 8e session du Club Sormand, me voilà partie dans la lecture de ce roman de Kim Newman, pas si jeune que ça en a l'air, et pas si kitch que ça en a l'air non plus ! ^_^

Imaginez que Dracula n'ait pas été tué par Van Helsing et sa bande de potes, mais que le scénario inverse se soit produit. Le comte a converti la reine d'Angleterre en la transformant en non-morte, et en répandant sa cause telle une mauvaise épidémie dans tout Londres. Du coup les vivants et les vampires se côtoient, bon an mal an, au milieu du fog épais et des ruelles crasseuses. Et parmi tout cet embrouillamini, il y a ce bon vieux Jack qui manie le scalpel… en argent bien sûr, éventrant et terrorisant nos amis aux crocs acérés, et ravivant davantage les tensions entre les deux races, humains et vampires.

C'est une lecture bien sympathique et une alternative au récit de Bram Stoker qui est assez réussi je trouve. Disons que je m'attendais à un traitement chaotique mais le tout tient bien la route et c'est également un vrai plaisir de pouvoir croiser d'autres personnages connus, fictionnels ou bien réels, dans ce brouillard londonien de 1888. J'aurai peut-être éliminé un ou deux personnages en cours de route, mais j'ai la main leste et le scalpel facile ^_^. Cela dit, j'ai bien apprécié la transposition de Jack L'Éventreur dans le milieu vampirique et au sein même du récit bien amorcé par Bram Stoker.
Sans aller jusqu'à louer son écriture qui ne semble pas exceptionnelle, l'auteur arrive tout de même à nous mener dans les rues de Londres, sur les traces de Jack et sous l'emprise du comte Dracula avec adresse : on a envie de connaître le fin mot de cette histoire et l'on sent que l'auteur s'est documenté pour distiller au plus juste les éléments empruntés à l'Histoire, et ceux empruntés à la fiction, en les mêlant habilement et savamment. L'atmosphère est bien celle que l'on attend pour cette histoire, même si l'on ne ressent pas autant d'effroi et d'angoisse que dans celle de Stoker : on aurait peut-être voulu un peu plus de frémissements face à Jack. Quant aux différents personnages que l'histoire met en scène, ils sont tous assez attachants, à leur manière, et leurs différences les rend d'autant plus attrayants. Certains préfèreront peut-être l'espion gentleman, d'autres la vampire au physique de jeunette mais comptant de nombreux siècles à son actif. D'autres encore adhèreront à la cause du Docteur lorsqu'on trouvera un certain charme à la superficielle Pénélope…
Quant à la fin, elle est correcte et répond bien à la logique de l'ensemble. La nouvelle édition propose également une fin alternative, celle issue de la nouvelle originale, mais je préfère celle qui a été retenue pour le roman.
Pour résumer le tout, je dirai que l'auteur s'en sort brillamment dans cette reprise d'un récit culte, LE récit de vampire par excellence, celui qui a engendré les autres plus récent. Ce n'était donc pas facile de se frotter à l'ami Bram, et de reprendre son histoire en la modifiant selon son gré. Très vite, on aurait pu décevoir les inconditionnels de Dracula, mais j'en fais partie et je trouve que c'est franchement pas mal du tout !
Il existe également une suite à ce roman. Mais l'histoire de ce premier tome a le bon goût de présenter une fin suffisante pour que sa lecture puisse se terminer-là, si l'on ne souhaite pas poursuivre la route des personnages… survivants !
À lire, car c'est une très bonne fan-fiction (lol) !

jeudi 17 mars 2016

Lecture : Le Meurtre de la Saint-Valentin


Jillian Talbot, auteur de roman policier à succès, voit sa vie progressivement basculer lorsqu'elle reçoit une carte à la Saint-Valentin. Un plaisantin semble vouloir la harceler. Mais est-ce vraiment juste une mauvaise blague, ou bien un réel fou qui lui cherche du mal ? Car il semblerait qu'il l'observe et qu'il sache où elle va, avec qui elle est et ce qu'elle fait. Mais le plus inquiétant est peut-être de savoir ce que sont devenues ses copines d'Université, les Éléments, comme elles aimaient se nommer à l'époque…

Dans le cadre de notre nouvelle session CaroLire, j'ai lu ce roman policer un peu daté qui semblait être un énième roman policier aux ficelles grossières et cependant efficaces. Mais je dois pourtant démentir ce préjugé qui nous habite presque tout au long de la lecture, jusqu'au dénouement. Cette fin, elle est magique, car elle renverse tout et permet de savourer tout le reste et toute l'ingéniosité de l'histoire bien tressée par l'auteur. Je souhaitais une fin horrible, la mort de l'héroïne, ou d'un de ses proches, quelque chose qui me change des happy end habituels des romans policiers trop lisses pour mémères en mal d'émotions fortes. Et bien, la fin ne se termine pas ainsi, mais elle est bien plus horrible que ça ! Je n'en dis pas plus, lisez-le. Il est bien écrit, suffisamment pour que les pages se tournent toutes seules. Vous aurez la sensation d'être en terrain connu et même conquis, mais sans pour autant ressentir trop de lassitude qui vous feraient fermer le livre. Et puis, vous aurez surtout à l'esprit ce que je viens de vous dire : la fin vaut le détour ! Mais elle ne peut être dûment savourée que si l'on a lu toutes les pages précédentes.
Alors, qu'est-ce que vous attendez ? Vous passerez un bon moment. Je ne vous parle pas de coup de cœur, loin de là, ni d'un récit qui va bouleverser votre vision du roman policier. Mais il reste tout à fait plaisant à lire et on a vraiment le sourire en le refermant, content d'avoir été un peu dupé (oups, j'en ai déjà trop dit !)

vendredi 11 mars 2016

Lecture : Lockwood & co T2 : Le crâne qui murmure


Oubliez la couverture, oubliez le titre ! Focalisez-vous sur vos bons souvenirs du tome 1 et enquillez la lecture de ce seconde tome sans tarder.
Et même si vous ne vous souvenez plus tellement du précédent tome, ce n'est pas bien grave. L'essentiel est d'avoir gardé en mémoire les personnages sympathiques qui la composaient.

Car les revoici en scène dans une nouvelle histoire de fantôme, cette fois-ci celle un peu plus sombre d'un scientifique obscur, déjà assez effrayant de son vivant, dont le cercueil semble avoir été pillé. Le voleur présumé est bientôt retrouvé à quelques pas dans le même cimetière, mort de peur. Drôle d'enquête pour nos 3 agents de Lockwood & co. Mais si ce n'était que ça : ils se sont lancés dans un défi de taille à savoir une compétition entre l'agence Lockwood and co et celle de Kipps. Celle qui arrivera à résoudre l'affaire avant l'autre sera déclarée meilleure agence de tout Londres. Et comme s'il fallait rajouter une autre difficulté, voilà que le crâne dans le bocal, que George chercher désespérément à refaire parler en le soumettant à des expériences folles, daigne enfin ouvrir le dialogue. Enfin, seule Lucy l'entend, ce qui ne facilite pas les rapports un peu tendus entre les différents membres de l'agence Lockwood & co…

J'ai trouvé cette histoire un peu plus molle que la précédente. Elle ne peut plus jouer sur l'originalité du début, puisque c'est une suite, et l'histoire en elle-même met un peu de temps à démarrer. On a également cette impression qui nous suit tout au long de la lecture que cette histoire n'est qu'un prétexte, une transition. Elle est là pour conduire gentiment le lecteur vers une révélation choc qui ouvre sur la suite, à savoir le tome 3. Je n'en dirai pas plus, mais ça m'a tellement mis l'eau à la bouche que je trépigne d'impatience de lire le tome 3, qui paraîtra en mai prochain.

Je termine ce billet par ma profonde incompréhension face aux couvertures de la version française, lorsque l'on tombe sur celle étrangère. Je soupçonne nos voisins de faire deux versions : une version avec une couverture clairement destinée à la jeunesse, et une version avec une couverture plutôt adulte. J'avoue ma préférence non dissimulée pour la version adulte, qui, pour ce tome-ci, est en accord parfait avec le thème principal du livre (contenu dans son titre même) : le fameux crâne du bocal en verre. J'arrête-là d'en parler, je glisse juste le visuel ci-dessous histoire de vous donner envie de lire la série (pas mal du tout d'ailleurs mais que la couverture dessert totalement à mon avis).

En tout cas, moi j'aime beaucoup Lockwood, et je lirai la suite avec plaisir !