dimanche 28 février 2016
Lecture : Le Grand N'Importe Quoi
Heureuse sélectionnée à un Masse Critique spéciale, j'ai reçu ce petit bijou, dernier né de J.M. Erre aux éditions Buchet Chastel. Un grand merci à cette dernière et à Babelio pour ce moment si délicieux !
Dans un village français, Gourdiflot-le-bombé, de nombreux personnages vont se croiser pendant une nuit : le samedi 7 juin 2042, et plus précisément à 20h42, pendant une minute interminable, Arthur, habillé en Spider-man venu accompagné sa copine à une soirée déguisé chez des culturistes, Lucas, qui s'échappe de chez lui suite à un grave malentendu s'étant retrouvé avec Marilyn Monroe à moitié nue sur lui lors même que le compagnon de la blonde a pénétré dans l'appartement, Francis et J-Bob, le barman du Dernier bar avant la fin du monde et son éternel client, Alain Delon, sur le point de mettre fin à ses jours alors que des extra-terrestres sont venus le rencontrer, et l'auteur de l'Incroyable révélation, qui délivre dans son œuvre la vérité sur nos origines… Chacun y tient son rôle, et cette minute infinie devient un véritable cauchemar pour Arthur, réfugié monégasque depuis que le rocher est gouverné par les islamistes, car il va d'humiliation en humiliation. Arrivera-t-il à y mettre fin ?
J'avais déjà lu Le Mystère Sherlock que j'avais bien aimé, pour son humour et son pastiche.
Ce roman est, pour moi, bien au-dessus et monte d'un cran dans sa revisite d'un genre, ici la science-fiction, tout en la distillant de critique sociale, le tout bien arrosé d'humour délirant qui amène le lecteur sur le terrain de l'absurde, et même pire, sur celui du grotesque ! Je n'ai jamais réellement rigolé en lisant un livre. Il m'est arrivé de pouffer en souriant, mais pas d'éclats de rire bien francs agrémentés de larmes. Et bien c'est pourtant ce qu'il m'est arrivé dans mon train, sans crier gare, et avec un suprême bonheur. Alors, rien que pour ça, je remercie chaudement l'auteur. Car ce n'est pas donné à tout le monde. Je trouve bien plus facile de faire pleurer son lecteur que de le faire rire aux éclats jusqu'aux larmes. Et quoi de plus agréable que ce plaisir pur après une dure journée de labeur ? C'est de la parfaite détente, sans pour autant rester dans le pipi caca qui ne mène nulle part. Car le tour de force de l'auteur est d'apporter sa critique, de la télé-réalité, aux culturistes, en passant par les religieux et les sectes, les piliers de bar et les mordus de SF, l'humour vrille tout cela dans un grand n'importe quoi et à coup de paroles de chanson pour beauf en soirée. On se répète tout du long que c'est n'importe quoi, en ricanant, mais l'histoire ne perd jamais sa logique et son sens, même si le "bon" (sens) est un peu bousculé. C'est juste génial. Ce n'est pas de la grande littérature devant laquelle on se pâme mais c'est, pour moi, de la très bonne, de l'excellente lecture. Je n'ai pas peur de mettre ce roman sur le même rayon qu'un classique bien écrit car il me procure autant de plaisir à le lire. D'autant plus que le rire qu'il provoque est étroitement lié avec sa plume superbement maniée : c'est très bien tourné, écrit, et c'est d'ailleurs ce genre d'humour que je préfère. Ces phrases bien amenées qui s'enchaînent avec une aisance à vous rendre jaloux de ne pas avoir autant de talent ! C'est ça qui provoque le rire, et la montée crescendo dans l'absurde délirant et barré, toujours dans un verbe soutenu et si bien maîtrisé. Chapeau !
Et, encore une fois, il est toujours plus facile de passer pour un bon auteur quand on fait dans le drame, alors qu'on est rarement salué comme grand quand on fait rire. C'est bien dommage, car c'est tout autant le pur génie qui est en jeu et, en plus, pour la bonne cause : faire réfléchir en riant à gorge déployé.
Vive Le Grand N'Importe Quoi ! Un nouveau coup de cœur pour moi cette année !!!! (j'espère juste que l'année va tenir ses promesses et que je ne suis pas en train de griller tous mes coups de cœur littéraires dans les deux premiers mois !!!)
vendredi 19 février 2016
Lecture : Les petites fées de New York
Morag et Heather sont deux fées écossaises, qui portent le kilt et manient le archet de violon avec grande dextérité. Elles sont également expertes pour s'embrouiller et provoquer des catastrophes sans précédents, au point de se retrouver en plein New York. Mais s'il n'y avait que ça… car d'autres fées ont également débarqué à New York sans crier gare, dont les enfants du roi Tala de Cornouailles, ce dernier étant très mécontent et prêt à tout pour les retrouver. Quant aux humains, ils ne voient pas les petites fées normalement, mais Dinnie et Kerry ne peuvent très vite plus se passer de leur service, parfois à leurs dépens. Et que dire des autres fées, les newyorkaises, chinoises, italiennes et ghanéennes qui trouvent Morag et Heather très douées pour le grabuge en tout genre… il semblerait que la guerre soit déclarée, ou comment voir les fées de l'autre côté du miroir.
En voilà un roman qui ne paye pas de mine et qui se lit vite et bien ! Du kilt, du pure malt, du violon, de la gigue et des fleurs, un soupçon de bataille pas très rangée et beaucoup de confusion, voilà un bon résumé de cette histoire qui vous montre les fées comme vous ne les avez jamais lues : tantôt petites pestes, tantôt musiciennes hors pair, mais surtout accroc au whisky. Qu'elles soient d'Écosse, d'Irlande, de Cornouailles ou de New York, elles sont toutes différentes et se ressemblent. Petits êtres de 15 cm de haut, elles ont l'art et la manière de se faire aimer par tous, humains compris, surtout ceux qui ont le privilège de les voir. Mais ne vous attendez pas à de petits anges ailés, ce serait plutôt de petits diables sans les cornes mais bouillonnants de vie.
C'est assez frais et sympathique, ça part un peu dans tous les sens, et ça nous montre un New York différent de celui de Lisa Minelli ^_^ Je regrette juste que certains personnages n'aient pas plus de profondeur, car on ne s'attache pas vraiment à eux. Les deux petites fées espiègles peuvent sembler agaçantes, mais sont finalement juste maladroites et au final très sympathiques. Le tout est un bon cocktail pour se détendre mais reste, à mon goût, un peu trop à la surface des choses. C'est dommage car on sent clairement pointer une critique sociale sous les dehors simplistes de cette histoire, qui aurait gagné à être plus approfondie, ne serait-ce que pour ressentir un petit pincement au cœur de ne pas pouvoir les voir… ces "bonnes" fées ! Là, on a juste le sentiment d'avoir passer un moment, ma foi, agréable, mais pas inoubliable. Peut-être que mes attentes étaient trop fortes, surtout avec une préface de Neil Gaiman. À lire, pourquoi pas, pour voir les fées autrement que celles de Disney.
jeudi 11 février 2016
Lecture : La santé par les plantes
Lors de la dernière Masse Critique, j'ai eu la chance d'être sélectionnée et j'ai reçu ce petit roman "noir" accompagné d'un gentil mot. Un grand merci à Babelio et aux éditions Hélios pour ce moment très agréable de lecture.
Gastby Legrand, à la tête d'une entreprise pharmaceutique, a fait le calcul : il a passé 4,8 ans de sa vie aux toilettes. Tout cela à cause de sa constipation chronique qui lui pourrit la vie depuis ses 16 ans. Face à ce constat effrayant, il est bien décidé à mettre définitivement fin à ce calvaire et pose un objectif impossible à son équipe : trouver un médicament qui soulage de ce mal infernal en seulement trois mois – histoire qu'il passe de bonnes vacances, pour la première fois depuis des années.
C'est alors qu'un indien nommé Douglas, fort d'escroqueries scientifiques en tout genre pourvu que ça rapporte, se saisit de cette trop belle occasion de faire fortune : un arbre rare pourrait être la solution d'une supercherie énorme et très rentable. Il arrive alors à convaincre l'équipe de bras cassés de Gastby et part sur les traces du végétal…
Ce livre est complètement barré. J'ai déjà lu des livres délirants, mais en général, ils appartiennent à un délire convenu, un délire "connu" déjà rencontré. Celui-ci, il fait dans le délire original. L'histoire débute quand même sur une affaire de constipation qui sera le moteur d'aventures australiennes et morts en tout genre dans le seul but de retrouver un transit normal ! Rien que ce synopsis devrait vous faire sentir le niveau du délire. Et cette idée, ô combien géniale et savoureuse, est bien entendu couplée d'une écriture fabuleuse pleine d'humour. C'est complètement barré et complètement drôle et terriblement génial. Je me répète, mais je ne peux pas m'en empêcher. Il faut absolument lire cette histoire rocambolesque, ne serait-ce que pour mes personnages préférés : Narcisse et Flore. Je ne peux pas vous en dire plus mais je les adore. C'est LE livre qui arrivera à vous tenir éveiller le soir dans le train alors que vous êtes un zombie sur pattes, LE livre qui arrivera même l'impossible à savoir vous faire littéralement pouffer de rire alors que vous êtes entourée de zombies sur pattes aux têtes d'enterrement. C'est LE livre à lire quand vous voulez passer un réel très très bon moment, et qui vous fera regretter de lire la dernière page, nostalgique de cette lecture si agréable. C'est un véritable coup de cœur, j'adore ! Merci à M. Francis Mizio pour ce moment de pur délice, on en redemande.
jeudi 28 janvier 2016
Lecture : Le Maître du Jugement dernier
Le baron Von Yosh participe à un récital privé chez son ami Eugen Bischoff, acteur célèbre sur le déclin, et à qui tous ses proches cache la récente faillite de sa banque, et par là-même sa ruine.
Au cours de la soirée, le maître de maison fera le récit d'une étrange affaire de suicide qui porterait plutôt à croire à un meurtre déguisé, ou quelque chose de ce genre.
Alors que la soirée se poursuit, l'acteur s'isole un moment pour se préparer à interpréter son prochain rôle face à ses proches. Deux coups de feu se font soudain entendre et l'on constate très vite qu'Eugen Bischoff est mort, après s'être tiré une balle dans la tête. Cependant des indices semblent prouver que le baron ne serait pas étranger à ce drame…
J'avais ce court roman endormi dans ma bibliothèque (qui est un immense dortoir pour plein de merveilles) et, suite à la récente critique d'une amie, il s'est réveillé et m'a tendu les bras. J'avais déjà lu un autre roman de l'auteur, qui m'avait beaucoup plu. Celui-ci est tout aussi bien. Sans être un coup de cœur, il est cependant bien écrit : on oscille entre l'étrange et l'enquête policière, entre le mystère religieux et l'énigme teintée de fantastique. Tout est embrumé, noyé dans une ambiance pâteuse d'un lendemain de fête où l'on pense avoir rêvé l'horreur. Le cauchemar environnant persiste pourtant et l'on doit choisir entre l'affrontement ou la fuite, sans pour autant être en état de combattre. Le héros doute de lui-même, de cet ami du défunt persuadé de connaître la vérité mais cherchant les preuves, de la réalité même. Est-il vraiment coupable, Solgrub a-t-il finalement raison de penser le contraire ? Et pourquoi le défunt a-t-il eu ce regard haineux à l'encontre du baron, juste avant de pousser son dernier souffle ?
On ne sait pas trop où l'auteur veut nous mener mais on se laisse bien faire car l'ambiance particulière teintée d'une angoisse presque irrationnelle, d'un mystère épaississant, s'ajoute à une franche sympathie pour le héros qui nous narre cette sombre histoire et que l'on sent perdu. Il n'a rien d'un personnage lisse, bien au contraire, et on le sent habité d'une part sombre qui nous perturbe et nous rend compatissant à son égard : ce côté obscur qui nourrit l'intrigue et nous fait douter à notre tour. Un vrai moment de plaisir qui se savoure vite et bien, sans éclat ni réserve. À lire !
mercredi 20 janvier 2016
Lecture : Le Trésor du Faucon
Lors du dernier Salon du Livre de Paris, je me suis laissée tenter par ce roman édité par Les Moutons électriques (et qui me faisait de l'œil comme tant d'autres sur leur stand). Et je dois dire que le charme a opéré…
J'ai beau essayé de faire une analyse objective, réfléchie, s'appuyant sur des faits et une critique étayée, je ne peux m'empêcher de penser que tout ça n'est que de la poudre aux yeux (comme je le pense à chacune de mes critiques). Alors, je vais plutôt m'abandonner dans le "vilain" subjectif et vous expliquer ce qui m'a beaucoup plu dans ce roman.
D'abord, le manuscrit de cette histoire a été sauvé des eaux, au sens totalement littérale du terme, par la femme de l'auteur, le couple étant passagers du Titanic. Vous me direz : qu'est-ce que c'est que cette histoire de feuilleton rocambolesque, c'est pire qu'une mauvaise série américaine. Bouh la mauvaise histoire pour faire vendre le livre. La pauvre femme est montée dans le canot de sauvetage et comme adieu déchirant, son mari lui confie son manuscrit avant de sombrer avec le paquebot à des miles et des miles sous les eaux sombres et glacées (et j'ose même vous faire l'affront d'un parallèle dégoulinant de pathos avec ce bon vieux Leonardo Di Caprio dans le film homonyme). C'est bas, je sais. Mais c'est ce qui m'a fait acheté ce livre aussi (et je suis pathétique, je sais). Ba oui, une histoire qui a été sauvée du naufrage du Titanic ça donne une dimension assez mystérieuse, on se dit qu'il aurait pu sombrer aussi, que c'est à la fois une chance et une tragédie que porte en lui ce roman ! Bref, on se dit qu'on ne peut pas bouder cette chance de lire un manuscrit dont la vie ne tenait qu'à un fragile canot de sauvetage et qui a connu la mort tragique de son créateur ! Il faut le lire, ne serait-ce que comme un hommage, à l'auteur et au destin…
Ça y est, on s'est fait avoir comme une bleusaille par un truc vieux comme le monde. Tant pis, on assume la dépense et on lit.
Bien sûr, l'histoire n'est pas celle du naufrage du Titanic (même si c'est un peu bête de le souligner, je préfère enfoncer quelques portes ouvertes, sait-on jamais pour celui ou celle qui n'aurait rien suivi jusqu'ici de mon petit laïus). Elle narre celle d'un gentleman-cambrioleur, qui a passé quelque temps à l'ombre pour se faire oublier de son ami policier Meredith et qui revient à New York. Et pour son retour, il trouve dans une maison abandonnée où il comptait passer la nuit rien moins qu'un bijou volé au British Muséum… il est au mauvais endroit au mauvais moment diront certains mais lui, Le Faucon, il ne l'entend pas de cette oreille. Bien au contraire, c'est une chance pour lui de renouer avec son passé bien plus fastueux que son présent miséreux en ayant une occasion inespérée d'entrer en possession d'un bijou d'une valeur inestimable. Bon, évident, il va encore falloir jouer au chat et à la souris avec Meredith, mais c'est le sourire aux lèvres, et avec, en cadeau bonus, une rousse sulfureuse aux yeux bleus comme des saphirs belle comme un diamant ! Avec un caractère bien trempé ça va sans dire, mais notre gentleman cambrioleur saura en tirer parti… à moins que le lecteur ne se méprenne sur l'homme en question. Car oui, l'auteur joue un peu avec nous en ne nous dévoilant pas vraiment l'identité mystère derrière laquelle se cache notre monte-en-l'air, pour notre plus grand plaisir.
On goûte ce jeu de cache-cache, de chat et souris, de faux semblant, de mystère, d'espion et de voleur avec un grand plaisir car le ton est celui du début du XXe siècle, lorsque gentleman et galanterie riment avec charme, désinvolture, risque et séduction. Les belles femmes au chevelure de feu côtoient ces messieurs à la mise impeccable, cigarette de côté et chapeau de travers. On aime se faire un peu bousculé lorsque le fautif est un bel homme ténébreux au sourire charmeur et charmant qui se moque un peu de nous gentiment sans pour autant manquer à ses devoirs courtois. J'adore ! Ça ne laisse pas grand chose en tête mais ça n'a pas la prétention de vouloir le faire. Un agréable moment de plaisir gratuit sans promesse et plein de légèreté comme une brume de parfum ou de cigare… suffisamment bien écrit pour nous faire oublier les mots.
À lire, pour commencer doucement l'année.
mardi 12 janvier 2016
Lecture BD : Nora
Lors du dernier Masse Critique de Babelio, j'ai reçu cette BD très sympathique, que j'avais repérée tantôt au salon du livre et que j'avais hâte d'explorer. Un grand merci à Babelio et aux éditions de la Gouttière.
Les parents de Nora déménage et pendant cette période d'emballage carton et grand ménage, ils confient la fillette à son oncle à la campagne. Nora bougonne et n'est pas franchement enchantée par ces vacances forcées, mais elle s'adapte et s'approprie rapidement les lieux, aidée de la chatte enceinte de son oncle. Perchée sur une branche d'un énorme arbre dans le tronc duquel elle a niché son petit monde, elle découvre la voisine de son oncle, une vieille dame qui passe ses journées seule assise sur un banc. Triste pour elle, elle comble ce vide qui entoure la vieille femme en inventant son grand amour pas encore né…
C'est très charmant et très frais. Le dessin est très agréable, en bicolore et au traits fins et expressifs, sans aucun parasite dérangeant. Simple, précis, et joliment arrondi, le dessin est plus présent que le texte ou le dialogue et ce "silence" ou cette image parlée nous fait un bien fou lorsqu'on souhaite explorer un BD : l'image prévaut sur le texte et l'histoire se fait trait sans aucune lettre. Nora devient vite attachante et l'on se retrouve dans l'imaginaire débordant et complètement logique de la fillette qui accable son oncle, sans enfant et veuf, de questions souvent dérangeantes, parfois déroutantes, et qui finira par rapprocher les deux protagonistes autour de leur deuil respectif.
À découvrir !
mardi 5 janvier 2016
Lecture : La Dame en blanc
Première lecture terminée de 2016 ! En passant, j'en profite pour souhaiter une bonne année. Dès que j'ai un moment, je ferai un petit bilan de l'année 2015 en lecture.
Mais là, il me faut parler du grand Wilkie Collins ! J'avais été enchantée par la lecture d'autres titres de cet auteur anglais contemporain de Dickens : Pierre de Lune, L'Hôtel hanté, Une belle canaille. Et l'on m'avait vanté ce roman que l'on disait bien supérieur à ces lectures déjà fort sympathiques. Alors, je me lance. Et là, la magie opère.
Walter Hartright est un jeune professeur de dessin qu'un ami va recommander pour enseigner cet art à deux demoiselles de bonne famille, dans un domaine de la campagne anglaise. La veille de son départ, alors qu'il rentre chez lui après une dernière soirée passée auprès de sa mère et de sa sœur, le jeune londonien sursaute à l'appel d'une jeune femme toute habillée de blanc qu'il croise sur la route. Cette étrange rencontre n'en sera que plus bouleversante lorsqu'il fera celle de l'une des deux demoiselles à qui il doit enseigner le dessin et qui se révèle le portrait craché de l'autre, pourtant sans lien de parenté évident.
Je n'en dirai pas plus, il faut absolument lire ce chef d'œuvre incontournable de la littérature anglaise. La traduction de libretto me semble tout à fait honnête, puisque je me suis complètement délectée de cette lecture : l'écriture est un total bonheur, les mots s'enchaînent avec aisance et même lyrisme, on se plairait presque à le lire à haute voix rien que pour le plaisir des mots et de la langue à la musique si juste ! Quant à l'histoire, la quatrième ne ment pas : c'est bien les prémices du thriller parfaitement bien mené. On apprécie le début de l'histoire et surtout la scène saisissante entre la dame en blanc et le héros : la tension est vraiment à son comble et l'on sursaute presque avec ce jeune professeur de dessin qui, en pleine nuit, sur une route déserte baignée de brouillard londonien à souhait, se voit interpeller par une dame toute de blanc vêtue et qui semble perdue. On est entre le spectre anglais et la légende bretonne, en plein atmosphère étrange et surnaturelle des spirits qui ont contrebalancé l'univers mécanique et matérialiste de l'industrialisation anglaise. On lit à toute vitesse en retenant son souffle et on espère bien sûr davantage de tension. Puis on passe à la douce romance, qui taquine le tragique, pour enfin retomber dans le pur thriller où la fragilité féminine doit faire face aux machinations vénales d'un homme sans vergogne. L'on traverse les méandres de cette histoire complexe, non pas par la voix impersonnel d'un narrateur omniscient, mais par les voix des différents acteurs selon leur implication au moment de l'action. C'est d'ailleurs là tout le génie de l'auteur qui apporte à l'histoire une dimension beaucoup plus personnelle et crédible en donnant à chaque situation toute sa densité possible et la tension portée par celui-là ou celle-là même qui l'a vécue. On frémit au rythme du battement de cœur de Marian, de Walter et même des autres personnages parfois plus secondaires qui sont confrontés à la même histoire mais apportent chacun leur tour le grain de sable qui renforce l'édifice. Le lecteur est totalement impliqué, et sa main tremble comme celle qui écrit ces lignes et lui confie ses peurs, ses angoisses, à la lumière d'une chandelle qui vacille, alors que la plume gratte fébrilement. On épie, on attend au détour de la ligne la révélation qui fera basculer le tout dans l'horreur ou l'indicible. Hitchock lui-même ne pourrait le nier : c'est un grand maître du thriller angoissant qui nous livre ici ce roman incroyable.
À lire tout de suite, sans tarder !!! (quoi, vous n'en êtes pas encore au chapitre 2 alors que vous finissez de lire ces lignes ?)
Mais là, il me faut parler du grand Wilkie Collins ! J'avais été enchantée par la lecture d'autres titres de cet auteur anglais contemporain de Dickens : Pierre de Lune, L'Hôtel hanté, Une belle canaille. Et l'on m'avait vanté ce roman que l'on disait bien supérieur à ces lectures déjà fort sympathiques. Alors, je me lance. Et là, la magie opère.
Walter Hartright est un jeune professeur de dessin qu'un ami va recommander pour enseigner cet art à deux demoiselles de bonne famille, dans un domaine de la campagne anglaise. La veille de son départ, alors qu'il rentre chez lui après une dernière soirée passée auprès de sa mère et de sa sœur, le jeune londonien sursaute à l'appel d'une jeune femme toute habillée de blanc qu'il croise sur la route. Cette étrange rencontre n'en sera que plus bouleversante lorsqu'il fera celle de l'une des deux demoiselles à qui il doit enseigner le dessin et qui se révèle le portrait craché de l'autre, pourtant sans lien de parenté évident.
Je n'en dirai pas plus, il faut absolument lire ce chef d'œuvre incontournable de la littérature anglaise. La traduction de libretto me semble tout à fait honnête, puisque je me suis complètement délectée de cette lecture : l'écriture est un total bonheur, les mots s'enchaînent avec aisance et même lyrisme, on se plairait presque à le lire à haute voix rien que pour le plaisir des mots et de la langue à la musique si juste ! Quant à l'histoire, la quatrième ne ment pas : c'est bien les prémices du thriller parfaitement bien mené. On apprécie le début de l'histoire et surtout la scène saisissante entre la dame en blanc et le héros : la tension est vraiment à son comble et l'on sursaute presque avec ce jeune professeur de dessin qui, en pleine nuit, sur une route déserte baignée de brouillard londonien à souhait, se voit interpeller par une dame toute de blanc vêtue et qui semble perdue. On est entre le spectre anglais et la légende bretonne, en plein atmosphère étrange et surnaturelle des spirits qui ont contrebalancé l'univers mécanique et matérialiste de l'industrialisation anglaise. On lit à toute vitesse en retenant son souffle et on espère bien sûr davantage de tension. Puis on passe à la douce romance, qui taquine le tragique, pour enfin retomber dans le pur thriller où la fragilité féminine doit faire face aux machinations vénales d'un homme sans vergogne. L'on traverse les méandres de cette histoire complexe, non pas par la voix impersonnel d'un narrateur omniscient, mais par les voix des différents acteurs selon leur implication au moment de l'action. C'est d'ailleurs là tout le génie de l'auteur qui apporte à l'histoire une dimension beaucoup plus personnelle et crédible en donnant à chaque situation toute sa densité possible et la tension portée par celui-là ou celle-là même qui l'a vécue. On frémit au rythme du battement de cœur de Marian, de Walter et même des autres personnages parfois plus secondaires qui sont confrontés à la même histoire mais apportent chacun leur tour le grain de sable qui renforce l'édifice. Le lecteur est totalement impliqué, et sa main tremble comme celle qui écrit ces lignes et lui confie ses peurs, ses angoisses, à la lumière d'une chandelle qui vacille, alors que la plume gratte fébrilement. On épie, on attend au détour de la ligne la révélation qui fera basculer le tout dans l'horreur ou l'indicible. Hitchock lui-même ne pourrait le nier : c'est un grand maître du thriller angoissant qui nous livre ici ce roman incroyable.
À lire tout de suite, sans tarder !!! (quoi, vous n'en êtes pas encore au chapitre 2 alors que vous finissez de lire ces lignes ?)
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